Conséquence directe de l’augmentation du nombre de contaminations au coronavirus, laquelle a dépassé les 1 000 cas quotidiens, plusieurs hôpitaux des grandes villes frôlent la saturation affichant un taux de remplissage à 100% et allongeant ainsi la liste d’attente des malades nécessitant une prise en charge hospitalière. Toutefois, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a affirmé, hier, que seulement 42% des lits dédiés au Covid au niveau national sont occupés.

S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, il explique cette contradiction de chiffres sur la disponibilité des lits d’hospitalisation par le fait qu’il existe « des hôpitaux qui affichent complet et d’autres qui ont de la place ». Ainsi, une tension se fait ressentir au niveau des hôpitaux de la wilaya d’Alger, de Tizi-Ouzou, de Béjaïa, de Sétif et de Blida, alors que d’autres wilayas ont zéro patient Covid hospitalisé.
Le ministre de la Santé reconnaît que le véritable problème consiste dans le manque de coordination entre les structures, sachant que dans leur ensemble ce sont environ 50 % des lits qui sont inoccupés. Il cite à titre d’exemple, le cas de l’hôpital de Birtraria qui affiche un taux de remplissage à 100%, alors qu’à trois kilomètres, un autre hôpital est quasiment vide en termes d’occupation de lits dédiés aux malades Covid. Afin de remédier à cette situation, le ministre a assuré la mise en place d’un dispositif de brigades mobiles mis en place pour assurer une meilleure coordination entre les différentes structures.
Un système de santé à bout de souffle
Pour plus de précisions, concernant la disponibilité des lits d’hospitalisation dédiés aux malades Covid, le ministre de la Santé affirme : « Nous avons plus de 18 000 lits mobilisables et plus de 1 500 lits en réanimation ». Il reconnaît, toutefois, « la défaillance du système de santé à bout de souffle », d’où la nécessité d’accélérer la réforme hospitalière avec notamment, la nécessité de la numérisation. Soulignant que « sans numérisation, nous n’avancerons jamais. Nous avons installé une agence de numérisation au sein du ministère. On doit avoir un œil immédiat sur toutes les structures de santé pour une meilleure coordination ».
A propos d’aménager des hôpitaux de campagne, afin de désengorger les hôpitaux saturés, et dont le personnel est au bord de l’épuisement, le ministre de la Santé estime que cette formule n’est pas à l’ordre du jour. Il affirme à ce sujet que «les hôpitaux
de campagne dont nous disposons posent problème, car ce sont des hôpitaux qui n’ont pas de structures d’hygiène ». Ajoutant qu’«un hôpital de campagne est à envisager seulement dans une extrême situation. Pour le moment, je préfère mobiliser les lits d’hôpital, réduire les activités hospitalières qui ne sont pas urgentes et mettre les malades dans des endroits chauffés disposant de toutes les commodités ».
Il annonce dans ce sillage, qu’une structure de 250 lits est prête à faire face à une situation d’urgence à Alger. Il s’agit d’un hôtel avec des sources d’oxygène disposant de toutes les commodités que l’on trouve dans un hôpital mais à qui « l’on fera appel que dans une situation extrême. Pour le moment ce n’est pas le cas », souligne le ministre de la Santé, affirmant que le même type de structures est prévu pour d’autres villes en cas de situation extrême.
Abderahmane Benbouzid s’est voulu également rassurant concernant la disponibilité d’oxygène au niveau des hôpitaux et assure que dans le contexte actuel, en plus des trois fournisseurs habituels d’oxygène, deux autres fournisseurs se sont rapprochés du département de la santé et autre fournisseur a également proposée à titre gracieux des dizaines de milliers de litres d’oxygène.
Le confinement total demeure « envisageable »
Par ailleurs, concernant la possibilité d’un durcissement des mesures de confinement au cas où le nombre de contamination poursuit sa tendance haussière, le ministre de la Santé estime que, pour le moment, « il n’y a pas de durcissement envisagé» mais « demeure, cependant, envisageable ». Ajoutant que le confinement total risque d’être décrété si les chiffres continuent à beaucoup augmenter, estimant toutefois que tout est relatif. Il affirme, par ailleurs, qu’en dépit du relèvement des cas de contamination, les établissements scolaires resteront ouverts, assurant que des mesures ont été prises pour permettre une sécurité maximum des élèves. Pour lui, ce n’est pas l’école « qui contamine », il appelle les parents à appliquer les mesures barrières de base pour protéger leurs enfants. Soulignant qu’«il est hors de question de sacrifier l’avenir des enfants, sauf cas particulier ».
Dans le registre du vaccin anti-Covid tant attendu, le ministre de la Santé rappelle que « l’Algérie a établi des relations avec les laboratoires les plus avancés » et « nous sommes dans l’attente de la validation de ces vaccins par les agences spécialisées ». Il ajoute que le mécanisme Covax, réunissant plus de 180 pays dans lequel l’Algérie a contribué, permettrait d’avoir « le meilleur vaccin, le moins cher, le plus efficace avec les meilleures garanties concernant les effets secondaires». Il ajoute que la véritable problématique « c’est le choix du vaccin », c’est-à-dire « le choix entre un vaccin traditionnel à virus atténué ou opter pour un vaccin ARN messager qui est une nouveauté pour nous». n