Victorieuse en 2018 et 2020, Naomi Osaka brigue une troisième couronne en quatre ans à New York. Mais la Japonaise, après un été compliqué, sur et plus encore en dehors du court, est-elle prête à dominer à nouveau les débats ? Plus discrète, la numéro un mondiale Ashleigh Barty parait de son côté avoir tout pour elle…
Depuis sa victoire en 2018, aux dépens de Serena Williams – dont l’avenir sur les courts, à bientôt 40 ans, est plus que jamais recouvert du voile de l’incertitude après son forfait en raison d’une déchirure à une cuisse -, Naomi Osaka règne en maîtresse ou presque à Flushing Meadows. Après un faux-pas en huitième de finale l’année suivante contre la Suissesse Belinda Bencic, elle a repris son dû en 2020 au terme d’un été particulièrement fort en émotions qui révéla, plus qu’une joueuse, une femme très engagée dans la lutte contre l’injustice raciale, dans le sillage de l’affaire George Floyd.
Il y eut d’abord son refus de jouer sa demi-finale à Cincinnati, emboitant le pas des Milwaukee Bucks qui venaient de boycotter un de leurs matches des play-offs NBA. Elle finit par la disputer le lendemain, après que les organisateurs du tournoi eurent suspendu le jeu en signe de solidarité. Et à New York, elle entra sur le court à chaque match avec un masque portant le nom d’une victime afro-américaine de violences policières.

BEAUCOUP DE CHOSES À CORRIGER
Semblant assumer ce statut de championne-militante, renforçant son aura de nouvelle star du tennis, Osaka, qui est selon le magazine Forbes la sportive la mieux payée du monde avec 60 millions de dollars perçus en 2020-21 (50,9 millions d’euros, 90% étant extrasportifs), s’est ensuite imposée à l’Open d’Australie en février, démontrant une solidité qu’on croyait alors sans faille.
Mais il y eut la polémique, née de son refus de répondre aux questions des médias à Roland-Garros, qui lui a valu d’être sanctionnée financièrement et a entraîné son retentissant forfait avant le 2e tour. Le tout ayant mis à jour des problèmes d’anxiété, marqués par « plusieurs épisodes dépressifs ». Après une pause qui l’a amenée à faire l’impasse sur Wimbledon, elle a manqué son retour aux Jeux de Tokyo où, après avoir allumé la vasque olympique, elle a craqué sous la pression en 8e de finale.
A Cincinnati la semaine passée, elle a fondu en larmes pour sa première conférence de presse sur le circuit WTA depuis Roland-Garros, avant de céder au 3e tour face à la Suissesse Jil Teichmann, 76e mondiale. « Je n’ai pas joué autant de matches que je l’aurais voulu (avant l’US Open). Mais je me sens assez heureuse de la façon dont je joue et assez confiante par rapport à ma situation actuelle. J’espère que ça marchera à la fin », a-t-elle dit vendredi face aux médias.

BARTY SE SENT « PRÊTE »
Osaka a fait don de ses gains sur ce tournoi de Cincinnati aux secours déployés à Haïti après le séisme dans l’île natale de son père. Elle n’apparaît pas dans les meilleures dispositions en vue de l’US Open où elle aura dans sa partie de tableau la Bélarusse Aryna Sabalenka, qui l’a dépassée au 2e rang mondial. Celle qui occupe le trône est Ashleigh Barty, et ce pour la 83e semaine consécutive. Victorieuse à Wimbledon et à Cincinnati, l’Australienne de 25 ans, également titrée à Miami, Melbourne et Stuttgart cette année, sera sa plus grande rivale, sinon la favorite. Je me sens bien, je me sens prête. C’est une grande année, mais il y a encore du chemin à parcourir », a récemment déclaré celle qui n’avait quasiment pas joué en 2020, après avoir refusé de voyager en pleine pandémie de Covid-19. « Une partie de moi ne savait pas trop comment cette année se déroulerait. D’abord, parce que j’ai longtemps été éloignée des courts, ensuite parce que j’allais vivre une nouvelle aventure, en étant loin de chez moi pendant un moment », a-t-elle expliqué. Son excellente saison a de quoi renforcer la confiance de Barty, dont la fraîcheur et la motivation tranchent avec l’impression de grande fragilité émanant d’Osaka. « Ces derniers mois ont évidemment été extrêmement difficiles. Mais elle (Osaka) revient là où elle a gagné deux fois. Habituellement, avec ce genre de souvenirs, on peut jouer du très bon tennis », estime néanmoins l’ex-joueuse Pam Shriver, consultante pour ESPN.