Serena Williams ne remportera donc pas son 24e tournoi du Grand Chelem à Flushing Meadows. Evidemment déçue du résultat, l’Américaine a confié ne pas avoir vraiment de regrets contrairement à certains de ses échecs précédents en finales de Grand Chelem. Elle a ainsi rendu hommage à son adversaire et devrait bien faire le voyage à Paris pour disputer Roland-Garros.
A bientôt 39 ans, ses chances de marquer encore l’histoire du jeu s’amenuisent à mesure que les saisons passent. Malgré un retour remarquable sur le circuit et quatre finales majeures disputées après sa grossesse, Serena Williams n’a plus la clé du succès en Grand Chelem depuis plus de trois ans maintenant. Et le record de Margaret Court de 24 titres en simple dans cette catégorie prestigieuse (même s’il a été bâti surtout avant l’ère Open et du tennis professionnel féminin) lui échappe encore et toujours.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, c’est en demi-finale qu’elle a fini par céder en night session sous les coups de Victoria Azarenka. Une déception forcément, d’autant que six membres du top 10 (dont les deux premières mondiales Ashleigh Barty et Simona Halep) manquaient à l’appel lors de cette édition 2020 à huis clos en raison de la pandémie de coronavirus.
Mais finalement sûrement moins forte que lors de ses derniers échecs. « Le 24e ? Je ne sais pas… Je n’y ai pas pensé. Je veux dire, c’est évidemment décevant. En même temps, j’ai fait tout mon possible aujourd’hui. J’ai l’impression que d’autres fois, j’ai été proche, mais que j’aurais pu faire mieux », a-t-elle confessé, plutôt lucide.

LA BLESSURE NE L’A AFFECTÉE « QUE POUR UN POINT »
Car depuis la reprise, Serena a montré des failles dans son jeu, des difficultés à maintenir un niveau de jeu élevé. Tout le contraire d’une Victoria Azarenka dont le retour de flamme a été plus qu’impressionnant depuis qu’elle a débarqué à Flushing. Finalement, la légende vivante américaine peut presque être fière des progrès réalisés. Car face à la Biélorusse, elle a sans doute évolué à son meilleur niveau de la quinzaine. « J’ai commencé très fort, mais elle a juste continué à se battre et commencé à jouer de mieux en mieux. Peut-être que j’ai un peu trop levé le pied à un moment donné. Mais elle a vraiment bien joué », a-t-elle considéré.
Pas vraiment de regrets donc, si ce n’est de n’avoir pas réussi à pousser son avantage en début de deuxième acte. « Je n’ai pas beaucoup gagné de points sur mon deuxième service, apparemment. J’ai pourtant bien servi, mais je n’ai pas dominé comme je le devais. J’ai fait des erreurs sur certains retours importants dans le 2e set alors que j’aurais dû faire mieux. Et elle a commencé à renvoyer des balles qu’elle ne renvoyait pas jusque-là, à frapper des coups qu’elle ne frappe pas habituellement. Elle a juste vraiment haussé son niveau », a-t-elle ajouté. Les statistiques lui donnent d’ailleurs raison : 35 coups gagnants pour 28 fautes directes, il n’y a vraiment pas de quoi rougir.
Indéniablement, Azarenka est allée chercher sa finale et Serena l’a reconnu, refusant de trouver dans sa petite blessure à l’entame de la manche décisive, une éventuelle excuse. « Ce n’était pas grand-chose. Ma cheville n’a pas été touchée en fait, c’est juste une sorte d’élongation plus au niveau du tendon d’Achille. J’ai ressenti ça après un long point, c’était assez intense comme douleur. Mais je vais bien et je ne crois pas que cela ait à voir (avec la défaite, NDLR), cela ne m’a affecté que pour un point. »
ET MAINTENANT, OBJECTIF ROLAND
Relanceuse phénoménale quand elle est à son meilleur niveau, à l’image un peu d’un Novak Djokovic chez les messieurs, Azarenka a ainsi privé l’Américaine d’un maximum de points gratuits. Après avoir gagné le Premier 5 de Cincinnati, elle semble en mission vers un doublé inédit à Flushing. Un retour au premier plan après des années de galère (blessures, conflit de garde de son fils Leo) salué par Serena en forme d’hommage d’une mère à une autre. « Elle a eu beaucoup de coups durs dans sa carrière. Je ne sais pas comment elle a fait pour rester positive honnêtement. C’est une bonne leçon pour nous tous. Peu importe ce que nous traversons, il faut persévérer. Avec un peu de chance, elle continuera à vivre son rêve. »
Totalement inhibée en 2019 face à Bianca Andreescu en finale de l’US Open, Serena quitte finalement New York moins frustrée, bien qu’arrêtée dans sa quête un tour plus tôt cette année. Et signe que sa détermination n’a pas faibli, elle devrait retenter sa chance à Roland-Garros dans un peu plus de deux semaines. « Aujourd’hui, j’ai eu l’impression d’avoir beaucoup donné. Alors oui, je serai certainement à Paris », a-t-elle indiqué, alors qu’elle n’avait pas caché sa déception de ne pas pouvoir louer une maison à proximité de la Porte d’Auteuil.
La concurrence en France devrait être encore plus féroce avec les retours probables des Halep, Svitolina, Bencic et autres Bertens, sur une terre battue qui allongera les échanges. Mais qu’on se le dise, Serena n’a pas perdu espoir. n