Novak Djokovic ne gagnera pas son 18e Grand Chelem à New York dimanche prochain. Disqualifié pour avoir expédié une balle dans la gorge d’une juge de ligne, le numéro un mondial a quitté le tournoi de la pire des manières. Même si son geste était involontaire, la sanction était inévitable pour nos consultants, dont son ancien entraîneur, Boris Becker. Boris Becker compte parmi ceux qui connaissent le mieux Novak Djokovic, dont il a été l’entraîneur pendant plusieurs saisons. Comme tout le monde, l’ancien champion allemand, aujourd’hui consultant sur Eurosport, est tombé de sa chaise dimanche soir en assistant à la disqualification du numéro un mondial pour avoir lancé une balle qui a atteint au visage une juge de ligne. « Je suis choqué, comme tout le monde, a-t-il confié. Novak et moi sommes toujours en contact, on s’appelle, nos familles s’appellent. C’est probablement le pire moment de toute sa carrière professionnelle. Quitter le court de cette façon, c’est terrible. Il était dans la forme de sa vie, invaincu cette année, en passe de décrocher son 18e tournoi du Grand Chelem. Et tout ça a volé en éclats, il rentre chez lui maintenant. C’est un moment sombre.»
« Il n’y avait aucune autre décision possible »
Mais s’il est peiné pour son ancien poulain, Becker estime aussi que sa disqualification est logique : « La balle a heurté la juge de ligne dans la gorge, elle est tombée en arrière et elle avait du mal à respirer. Ce n’était pas intentionnel, il ne voulait ni la toucher ni encore moins lui faire mal mais le règlement, c’est le règlement. Quand le juge-arbitre est arrivé, on a très vite senti qu’il n’avait pas d’autre choix que de le disqualifier. La plus grande star de l’US Open a quitté le tournoi, c’est une décision difficile, mais c’était la seule possible. »
Un avis partagé par tous nos consultants, de Mats Wilander à Justine Hénin en passant par Alex Corretja. « Il n’y avait aucune autre décision possible, pour l’ex-joueuse belge. Il n’y a même pas de discussion sur ce sujet. C’est malheureux pour Novak, c’est malchanceux d’une certaine manière mais il devait être disqualifié. Mais c’est un choc dans le monde du tennis, incontestablement. »
« La règle étant ce qu’elle est, il fallait le disqualifier », renchérit Corretja. Pour le double finaliste de Roland-Garros, « après avoir perdu quelques points importants, Novak a clairement perdu sa concentration. Il avait déjà lancé une balle sur le côté et ça aurait pu être dangereux s’il y avait eu du monde. Quand il a été breaké, il n’a plus contrôlé ses émotions. Bien sûr, il a été malchanceux que cette balle touche la juge de ligne. »
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« Il va rebondir »
L’écart peut sembler immense entre la non-intentionnalité et les conséquences du geste mais le Djoker ne pouvait s’en sortir. « C’est fou comme un centimètre peut changer non seulement un match, mais aussi le futur de notre sport, l’histoire de notre sport », relève encore Alex Corretja. Novak Djokovic ne remportera pas son 18e tournoi Majeur dimanche prochain mais la principale conséquence de sa disqualification est d’assurer d’ores et déjà, alors que cette première semaine s’achève à peine, du couronnement d’un nouveau vainqueur en Grand Chelem, ce qui fait dire à Boris Becker : « Oui, c’est vraiment un tournoi complètement fou. » Une demi-heure à peine après sa disqualification, Novak Djokovic a quitté Flushing Meadows sans dire un mot. Il n’a pas tenu de conférence de presse mais a réagi une heure plus tard via un message posté sur son compte Instagram, dans lequel il fait amende honorable. « Novak sait pertinemment qu’il a commis une faute », était d’ailleurs convaincu Boris Becker avant même de découvrir sa réaction. Mais il est également persuadé d’une chose : Djokovic s’en relèvera. « C’est un compétiteur, il a une très forte personnalité, du caractère. Il va rebondir. » n