L’affiche de la finale «messieurs» de Roland Garros 2022 paraît pour le moins déséquilibrée. On a l’impression que le 14e sacre à Paris est «booké» pour Rafael Nadal. Treize fois vainqueur sur la surface ocre francilienne, l’Espagnol partira avec les faveurs de pronostics ce dimanche (14h) lorsqu’il sera confronté à Casper Ruud, invité surprise pour la finale.

Par Mohamed Touileb
On voit mal comment une nouvelle consécration pourra échapper à l’Ibérique qui disputera sa 14e finale en 17 participations à RG. Jamais Nadal ne s’est incliné lors de l’explication ultime à Porte d’Auteuil. Cela rendra la mission de Ruud très… rude voire impossible.
A son tableau de chasse, le Majorquin compte Djokovic et Zverev qu’il a respectivement sortis en ¼ et en demie. Certes, le match face au dernier nommé n’est pas allé à son terme car l’Allemand a contracté une méchante blessure à la cheville et a dû abandonner. N’empêche, à ce moment de la partie, Rafa menait 1 set à 0 et on jouait déjà presque 3 heures de jeu. On était peut-être parti pour un marathon tennistique que ce contretemps physique de «Sasha» était venu éviter pour le «Taureau de Manacor». Salvateur.

Trop «Ruud» pour Casper ?
Cet après-midi, de l’autre côté du filet, Nadal n’aura pas un gros morceau comme lors des tours précédents. En effet, Ruud est devenu samedi le 5e joueur depuis 2017 à se hisser pour sa première finale en Grand Chelem sans avoir eu à se défaire des joueurs du Top 10. Et là, il y a un problème avec un passif sans équivoque : les 4 autres tennismen qui ont un parcours similaire n’ont jamais pu remporter le dernier match de la quinzaine.
Toutefois, il se pourrait qu’il y ait une brèche pour le Norvégien. Surtout quand on sait que son rival du jour a un problème récurrent au pied. Ce Roland Garros pourrait même être son dernier. Il y a même des rapports qui évoquent une éventuelle retraite sportive après un éventuel nouveau triomphe parisien.
À ce sujet, en marge de son 36e anniversaire vendredi, le meilleur joueur de l’histoire sur terre battue a répondu à une question d’un journaliste d’une manière qui reflète sa souffrance. «Rafa, imaginons…, a commencé le journaliste ibérique. Tu arrives à l’hôtel et c’est ton anniversaire. Il y a une lampe que tu frottes et un génie sort. Il te dit : ‘Rafa, je t’offre un tout nouveau pied, avec un scaphoïde tout beau, en échange de la finale de dimanche ? Qu’est-ce que tu réponds ?»

Un triomphe serait le pied
«Je préfère perdre la finale, sans aucun doute», a répondu l’homme aux 21 victoires en Tournois Majeurs. Nadal ajoutera qu’«au final, avoir un pied tout neuf pourrait me permettre d’être plus heureux au quotidien. Gagner, c’est génial, ça te permet de te remplir d’adrénaline mais la vie continue. Et la vie est bien plus importante que n’importe quel titre. Pour moi, après la carrière que j’ai eue, je donne toujours le meilleur de moi-même pour avoir le plus d’options possibles physiques. Mais j’ai encore la vie devant moi, j’aimerais pouvoir continuer à faire du sport avec mes amis de manière amateur et, pour l’instant, c’est encore une inconnue».
Certes, loin du court, l’esprit de compétiteur peut être dominé par le ressenti du quotidien. Mais, une fois dans l’arène, Nadal ne pensera certainement pas à autre chose que de gagner. Car, ce dimanche, il a un nouveau rendez-vous avec l’histoire. Il pourrait avoir deux succès en Grands Chelem d’avance sur Djokovic et Federer, les deux autres légendes du tennis. Et ça, ça serait quelque chose d’énorme. Ce n’est pas le temps de jouer petit bras. n