On avait l’impression que c’était écrit. Dès le début de la finale, le sentiment était que rien ne pouvait empêcher Nadal, pourtant pas dans un grand jour, de triompher sur une terre qu’il connaît mieux que toute autre. Face à un Casper Ruud fantomatique, l’Espagnol a écrit un nouveau chapitre tennistique. Hier, il a confirmé son règne à Roland Garros avec un 14e couronnement et son 22e en Grands Chelems. Rafa n’a pas le vertige des sommets.

Par Mohamed Touileb
«J’ai compris ce que c’était de jouer contre toi en finale. Je ne suis pas la première victime. Je sais qu’il y en a eu avant moi», c’était les mots de Ruud qui sonnent comme une allégeance aux rois des lieux. En d’autres termes, pour les rivaux, Nadal est injouable sur ocre. Et les stat’ le prouvent parfaitement sachant qu’il n’aura perdu qu’une finale des 15 finales qu’il a disputées à Porte d’Auteuil.

Chiffres implacables d’un règne incontestable
On parle tout de même d’un tennisman qui a gagné 112 de ses 115 matchs joués à Roland Garros en ne concédant que 7 manches en 14 finales. C’est tout simplement stratosphérique pour l’Espagnol qui a assumé son statut de tyran de terre battue. Sa domination a des allures de diktat qui sera probablement inégalable. La mainmise est aussi phénoménale que son coup droit dévastateur qui aura été son point fort tout au long de sa riche carrière.
Certes, il ne l’a pas souvent placé hier lors de l’explication ultime. En effet, à 36 ans, «Rafa», qui a été primé pour la 14e fois dans la même ville où le Real Madrid (son club du cœur) a remporté sa 14e Ligue des Champions, préfère gérer sa condition physique. L’idée est d’être plus tactique comme il l’a fait pour cette finale. L’Ibérique n’a pas souvent joué son meilleur tennis car il se concentrait plus sur les points faibles de son rival du jour. Sur la plupart des séquences, il aura cherché le revers de Ruud pour éviter son coup droit non moins dévastateur que le sien.

Grands Chelems : Djokovic et Federer breakés
L’approche s’est avérée concluante puisqu’elle lui a permis de s’imposer en 3 sets avec une bulle (6-0) pour l’achever. C’était aussi le cas contre Djokovic en 2020. En parlant du Serbe, vainqueur de la précédente édition en l’absence de Nadal (la précision est demise), on notera qu’il compte 2 titres en moins en Grands Tournois que le Majorquin au même titre que l’autre légende Roger Federer. Le break est fait dans ce registre.
Avec son 22e triomphe dans les Majeurs, le «Taureau de Manacor» a dompté ses adversaires et sa douleur au pied. Il a même révélé avoir joué avec des piqûres pour bloquer les nerfs de son pied et pouvoir être présent sur le terrain lors de cette quinzaine. Se battre pour son royaume en toutes conditions, c’est aussi ça être un roi.