C’est le revers d’une vidéo qui aura fait le tour de la toile. La tenniswoman algérienne Ines Ibbou a évoqué les difficultés rencontrées dans sa carrière et le fait d’avoir été délaissée par les responsables de la balle jaune du pays. A 21 ans, celle qui occupe la 620e place mondiale s’est attiré les foudres de son ex-entraîneur Zine El Abidine Midoun. Ce dernier lui reconnaît son talent. Cependant, il n’a pas aimé certaines «contre-vérités» dans son podcast émis à l’endroit de l’Autrichien Domici Thiem. Le 3e joueur mondial n’a pas voulu apporter sa contribution au fonds d’aides pour les joueurs mal-classés.

«C’était une gamine extrêmement précoce. Elle a remporté son premier tournoi adulte en sauvant quatre balles de match face à une joueuse de 26 ans classée 5/6. Inès avait 10 ans.» C’est le souvenir de Zine El Abidine Midoun qui l’avait repérée lors d’une journée de détection à l’école les Petits Génies, en banlieue d’Alger, en 2005.
C’était après 4 années de collaboration qui aura duré 10 années avant le clash entre le coach et le père d’Ibbou en 2015. Un incident qui a engendré l’exclusion de la native d’El Biar de la Midoun Tennis Academy d’Azur Plage. Motif : «Il (son père NDLR) voulait qu’on paye un salaire à sa fille. Et, surtout, avoir la gestion de l’argent des contrats.»
Le constat accablant de la FAT
L’objet de la discorde reste donc l’argent. Un conflit qui a plombé la carrière de celle qui atteindra le 23e place du classement junior quand elle était sous le couvert de la Fédération algérienne de Tennis (FAT). L’aspect financier a, encore une fois, provoqué des tensions entre le clan Ibbou et l’instance fédérale. D’ailleurs, le DTN de la FAT, Mohamed Bouchabou, regrette que «l’entourage d’Inès voulait directement avoir l’argent des bourses et le gérer, ce qui est impossible, la réglementation de l’État algérien l’interdit. On perd une athlète pour rien, c’est du gâchis. Un gâchis créé par son entourage.»
Aussi, le DTN notera qu’«Inès a demandé à ne pas jouer les Jeux Africains en 2019 ni la Fed Cup, elle voulait préparer les Jeux Méditerranéens qui devaient se dérouler en 2021. […] On ne peut pas financer une athlète et attendre deux ans pour qu’elle joue pour son pays, donc on a gelé cette bourse» non sans préciser que le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) était prêt à lui faire une subvention de 90.000 euros pour financer sa préparation. C’est comme si le sport et la compétition ne motivaient plus celle qui a 21 ans aujourd’hui.

Une mise 200.000 euros entre 2005 et 2015
Pour revenir à Midoun, il faut dire qu’il n’a pas trop aimé le contenu du message vidéo fait par son ancienne protégée. Ses mises au point semblent, quelque peu, trop virulentes. Les séquelles des rapports très tendue avec le tuteur d’Ibbou sont là. Il n’a même pas hésité à la traiter de «pleurnicheuse» dans un post Facebook. «Elle s’est retrouvée sans argent, sans entraîneur et sans objectif. Dans ce cas, soit on se bat, soit on pleurniche. Elle a choisi la deuxième solution», assène-t-il dans les colonnes du quotidien français «L’Equipe».
Le technicien de 39 ans notera aussi que «tous les gamins du club qui ont grandi avec elle sont choqués. Elle raconte des bobards pour obtenir une subvention parce qu’elle n’est plus au niveau. Elle ment et s’invente une vie pour avoir des choses qu’elle n’obtient pas sur le terrain.» Un smash (un peu trop ?) sec. En outre, Midoun assure que près de 3 milliards de centimes (200.000 euros) ont été investis sur elle quand elle était adhérente de son académie. Une somme conséquente mais mérité puisqu’Ines se défonçait sur le court» comme l’affirme Midoun non sans ajouter qu’«à 14 ans, elle jouait à un niveau de 200e mondiale. Ce qu’elle est devenue maintenant, c’est l’appât du gain. Elle a fait des mauvais choix, elle paye l’addition. Le manque d’argent n’a rien à voir avec ça.
L’Algérie a soutenu Inès Ibbou.» Décidément, la polémique a beaucoup de zones d’ombres. Beaucoup de non-dits avec des versions différentes de part et d’autre. L’échange est ennuyeux parce que chacun veut soigner sa réputation en dehors des courts. M.T.