Il a 19 ans, un talent indiscutable et… tout pour plaire ? Tout sauf peut-être une tendance à créer le conflit avec son adversaire, voire le public. Holger Rune a assumé samedi cette facette de sa personnalité, dans un entretien accordé à un tabloïd danois. Le 28e mondial a au passage rappelé que Roger Federer n’était pas lisse en début de carrière. Il y voit une piste d’amélioration.
Une poignée de mains glaciale qui illustre un tempérament de feu. Holger Rune et Casper Ruud ne semblaient pas être les meilleurs amis du monde, à l’issue de leur quart-de-finale remporté par Ruud, lors du dernier Roland-Garros. En cause, le comportement «antisportif» de Rune, selon le futur finaliste de l’épreuve. Le talentueux tennisman danois de 19 ans a assumé de défrayer la chronique, ce samedi auprès d’un tabloïd de son pays, et cité Roger Federer – dont il a été un grand fan – en exemple.
«Je suis encore jeune»
Avant ce moment de tension à Roland, qui avait même gagné son clan, le 28e mondial avait déjà fait grincer des dents au sein du public, à Lyon. Il avait battu Manuel Guinard en quart, malgré des crampes dont le côté ostentatoire pouvait paraître exagéré. Mais les critiques ne bousculent pas Rune, à en croire son témoignage dans les colonnes d’Ekstra Bladet : «C’est bien, la différence (y compris de point de vue, NDLR). Si tout le monde était pareil et pensait pareil, ce serait horrible de vivre dans ce monde.»
«Regardez Roger Federer, jeune, il était peut-être 40 fois pire que moi, et il est l’un des joueurs les plus aimés du circuit, donc je pense que j’ai tout le temps d’améliorer mon image»¸ argumente-t-il, au sujet de la nervosité dont faisait preuve l’esthète de Bâle au début de sa carrière. Au-delà de l’image reflétée, c’est en parvenant à canaliser ses émotions (et ménager ses raquettes) que Federer est devenu l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, vingt tournois du Grand Chelem remportés à la clef.
Rune admet qu’il devra peut-être mettre de l’eau dans son vin, pour passer un cap. «J’ai une passion extrême pour ce sport, justifie-t-il encore. Parfois, je le montre trop. Mais j’ai 19 ans, je suis encore jeune et je travaille tous les jours pour ne faire ressortir que le positif de mon attitude. C’est un processus». Un processus d’autant plus intéressant à suivre que le vainqueur du tournoi de Munich cette année s’impose comme l’attraction numéro 2 de la génération 2003, derrière Carlos Alcaraz.