Rien ne presse pour Roger Federer. Lors d’un échange en visio-conférence avec Gustavo Kuerten la semaine dernière, le Suisse a ainsi indiqué qu’il n’avait pas encore repris l’entraînement pour une raison simple : il faudra encore attendre de longs mois avant que le circuit ne reprenne sa folle course à cause du coronavirus. Opéré du genou droit en février (arthroscopie), il souhaite certainement aussi se donner tout le temps nécessaire pour récupérer pleinement, aidé par sa première expérience en la matière voici quatre ans avec une intervention similaire sur le genou gauche. Une tuile difficile à encaisser à l’époque, d’autant qu’il n’avait plus triomphé en Grand Chelem depuis Wimbledon 2012, une éternité pour lui.
Alors le «Maestro» a-t-il perdu espoir quant à un retour au premier plan ? «Avec ma blessure au genou, la saison 2016 a été compliquée pour moi. Et je me suis un peu demandé si ça allait être la fin ou non. Mais j’ai très vite senti que cette opération légère n’allait pas mettre un terme à ma carrière et que j’aurais une seconde chance», a ainsi confié Federer à «Guga». De là à penser qu’il dominerait à nouveau le circuit dès son retour, il y a une sacrée étape qui lui-même n’avait pas imaginée cependant.

«Entre 2012 et 2017, c’était comme si je jouais mal pour les gens»
«Que je sois capable de revenir si fort en 2017 a été une grande surprise pour moi. Pas seulement lors de ma victoire à l’Open d’Australie, mais durant toute la saison. C’était vraiment super, parce que c’était ma première intervention chirurgicale, et je ne savais pas honnêtement comment j’allais la gérer, parce que je pensais vraiment que j’allais être épargné toute ma carrière», a considéré le Bâlois. Mais ce qui l’a aidé aussi à y croire, c’est sa régularité dans les résultats même sans grands trophées au bout pendant ces presque cinq ans de disette.
«Entre 2012 et 2017, quand je n’ai pas gagné de Grand Chelem, c’était comme si je jouais mal pour les gens. J’ai eu une année difficile en 2013 et des problèmes de dos d’Indian Wells jusqu’à l’été. Ça m’a sûrement coûté des opportunités de faire mieux dans les Majeurs à ce moment-là, mais c’est comme ça, tout le monde a des hauts et des bas. Mais sinon, je jouais vraiment bien. J’ai gagné la Coupe Davis avec Stan (Wawrinka) en 2014, j’ai atteint pas mal de finales de Grand Chelem (trois perdues contre Novak Djokovic : Wimbledon 2014, 2015 et l’US Open 2015, ndlr). Mais c’était vraiment le moment de Novak et Rafa (Nadal) verrouillait toujours Roland-Garros aussi. Donc c’était difficile de s’immiscer et décrocher une victoire spéciale», a-t-il rappelé à juste titre. Alors qu’il avait déjà tout gagné, Federer n’a donc jamais perdu la motivation. Peut-être de quoi l’inspirer lorsque le circuit reprendra, car même s’il a subi une deuxième opération, il reste notamment sur une finale à Wimbledon où il avait montré qu’il avait encore le tennis pour gagner. Si le temps ne lui fait pas de cadeaux à presque 39 ans, il a gardé le droit de rêver. Ce ne serait pas la première fois qu’il surprendrait s’il y parvenait.