L’ancien N.1 mondial Novak Djokovic s’est offert un quatrième trophée à Wimbledon, son premier en Grand Chelem depuis plus de deux ans, en dominant en finale le Sud-Africain Kevin Anderson (8e), en trois sets 6-2, 6-2, 7-6 (7/3)) dimanche.

Le Serbe de 31 ans, qui passera de la 21e à la 10e place mondiale lundi, compte désormais treize trophées majeurs dans son palmarès qu’il a enrichi à Londres après deux années difficiles, marquées par des contre-performances, une perte de confiance et une blessure récalcitrante au coude droit.
Le renaissant Djokovic, déjà sacré en 2011, 2014 et 2015, n’a pas eu besoin de trop forcer son talent pour mater le géant Anderson (2,03 m), sauf dans le troisième acte où il a dû écarter cinq balles de set.
Pendant deux manches, le Sud-Africain de 32 ans, qui disputait sa deuxième finale majeure après celle de l’US Open l’année dernière (perdue face au N.1 mondial Rafael Nadal), n’a pas tenu la distance dans les échanges.
Il semblait visiblement émoussé par la demi-finale à rallonge remportée vendredi face à l’Américain John Isner (10e) après 6 h 36 min. de jeu (26-24 au 5e set). Déjà en quarts de finale, il avait dû batailler pendant plus de 4 heures pour remonter deux sets de handicap face au tenant du titre Roger

Federer, écartant au passage une balle de match
Djokovic, lui, avait certes dû revenir sur les courts samedi pour boucler une somptueuse demi-finale face à Nadal, achevée au bout de 5h15 de lutte acharnée (10-8 au 5e set). Mais avant l’épilogue sur le Centre court, le Serbe avait passé près de 5h30 de moins que son adversaire sur les pelouses du All England Club.

«Djoko» à une longueur de Sampras
L’ex-N.1 mondial a breaké d’entrée et a maîtrisé les puissants services de son adversaire qui n’a réussi à passer que deux aces dans ce premier set alors qu’il en avait accumulé 172 avant la finale, soit une moyenne de 7 par manche.
Soigné au bras droit après huit jeux (6-2), le Sud-Africain a débuté le deuxième set comme il avait commencé le premier, en cédant sur son premier jeu de service. Djokovic a fait la course en tête (5-1) et a simplement dû écarter une balle de break, la première du match pour Anderson, au moment de servir pour mener 2 sets à 0. Beaucoup plus en jambes dans le 3e set, Anderson a alors joué les yeux dans les yeux avec «Djoko», se procurant même deux premières balles de set à 5-4 et trois autres à 6-5. Sur l’une d’elles, son retour puissant a échoué à quelques centimètres de la ligne de fond. Il avait laissé passer sa chance… Dans le tie-break, Djokovic a fait la différence. Avec ce treizième trophée majeur, le Serbe dépasse l’Australien Roy Emerson (12) et n’est plus qu’à une longueur du troisième joueur le plus titré de l’histoire en Grand Chelem, l’Américain Pete Sampras (14). Il reste à bonne distance, néanmoins de ses rivaux Nadal (17) et Federer (20). (AFP)

 

Chronique d’une renaissance

Entre son premier sacre à Roland-Garros en 2016, lorsqu’il régnait encore sur le tennis, et son quatrième titre à Wimbledon, dimanche, Novak Djokovic a connu de nombreuses désillusions, dont il a su se relever avec brio. Chronique de la renaissance du Serbe.

2016: l’apothéose et le début de la chute
Le 5 juin, le Serbe soulève enfin cette Coupe des Mousquetaires qui s’était tellement refusée à lui. Après trois échecs en finale, il dompte le Britannique Andy Murray pour triompher sur la terre battue parisienne et compléter son riche palmarès avec le dernier trophée majeur qui lui manque. Après la finale, il tombe dans les bras de son épouse Jelena et l’enlace longuement, comme déchargé d’un poids immense. Il détient alors les quatre trophées majeurs, un exploit rarissime. Mais cette domination sans partage s’effrite à Wimbledon où il s’incline dès le troisième tour face à l’Américain Sam Querrey. S’ensuit une succession d’autres déceptions: défaite dès son entrée en lice aux Jeux de Rio (face à l’Argentin Juan Martin Del Potro), où il visait une première médaille d’or, échec en finale de l’US Open devant le Suisse Stan Wawrinka… Andy Murray parvient même à lui chiper la première place mondiale, en le dominant lors du dernier match de la saison, en finale du Masters.

2017: l’année des désillusions
L’année commence bien pour le Serbe qui s’offre un titre dès son premier tournoi, à Doha, en prenant une revanche en finale sur Murray. Djokovic est-il de retour à son meilleur niveau ? La perte de son titre à l’Open d’Australie, avec une défaite dès le deuxième tour face au 117e mondial, l’Ouzbek Denis Istomin, montrera que non. Les contre-performances s’enchaînent et sa finale à Rome (perdue face à Alexander Zverev) ne masque pas la réalité. A Roland-Garros, le Serbe subit une humiliation en quart de finale face au jeune loup Dominic Thiem qui va jusqu’à lui infliger un 6-0 dans le troisième et dernier set de leur duel. La préparation sur gazon est marquée par un titre à Eastbourne. Mais à Wimbledon, «Djoko» est rattrapé par sa blessure récalcitrante au coude droit. Il est contraint d’abandonner en quarts de finale face au Tchèque Tomas Berdych et décide de tirer un trait sur le reste de la saison.

2018: la reconstruction
Après plus de cinq mois de repos, le Serbe reprend la raquette lors de l’Open d’Australie. Il a préféré éviter l’intervention chirurgicale. Mais après un échec en huitièmes de finale face au jeune et prometteur Sud-coréen Chung Hyeon, le Serbe se rend à l’évidence: l’opération est nécessaire. Un mois après son séjour à l’hôpital, Djokovic reprend le chemin des courts en mars. Mais c’est un flop avec deux défaites d’entrée à Indian Wells (face au Japonais Taro Daniel) puis à Miami (contre le Français Benoît Paire). Il met fin à sa collaboration avec ses coaches Andre Agassi et Radek Stepanek et renoue lors de la saison sur terre battue avec le Slovaque Marian Vajda, celui qui l’a accompagné dans tous grandes campagnes de 2006 à 2017. Il chute à la 22e place mondiale, en mai, sa plus mauvaise depuis douze ans, mais pousse Rafael Nadal, l’ogre de l’ocre, à disputer un tie-break en demi-finale à Rome. Après cette défaite encourageante (7-6 (7/4), 6-3), le Serbe fait un pas en arrière à Roland-Garros en subissant la loi du surprenant italien Marco Cecchinato en quarts de finale. Mais le gazon marquera la renaissance du Belgradois. Après une finale au Queen’s, «Djoko» monte en puissance à Wimbledon et livre le gros match qu’il attendait depuis longtemps face à Nadal en demi-finale (10-8 au 5e set après 5h15 de jeu). En finale, le Sud-Africain Kevin Anderson ne peut l’empêcher de s’offrir un quatrième trophée au All England Club.

 

Les dix derniers vainqueurs du simple messieurs de Wimbledon:
2018: Novak Djokovic (SRB)
2017: Roger Federer (SUI)
2016: Andy Murray (GBR)
2015: Novak Djokovic (SRB)
2014: Novak Djokovic (SRB)
2013: Andy Murray (GBR)
2012: Roger Federer (SUI)
2011: Novak Djokovic (SRB)
2010: Rafael Nadal (ESP)
2009: Roger Federer (SUI)