Rafael Nadal ne perd pas de temps. Deux jours après la conquête de son 14e Roland-Garros face à Casper Ruud, le Majorquin est passé à Barcelone pour y recevoir sa première salve de traitement par radiofréquence pour soigner son pied gauche, atteint par le syndrome de Müller-Weiss. L’Espagnol a ensuite rejoint son Majorque natal à béquilles.

Un état qui s’est aggravé depuis deux ans
De la 14e Coupe des Mousquetaires aux béquilles. Le contraste est saisissant pour Rafael Nadal. Le Majorquin a réalisé un passage éclair à Barcelone, relayé par la presse catalane, mardi, pour y passer un examen complet du pied gauche et subir la première salve de son nouveau traitement, celui qui semble être celui de la dernière chance, pour atténuer sa douleur chronique, conséquence du syndrome de Müller-Weiss dont il est atteint depuis 2004.
L’Espagnol avait reconnu après sa victoire que ce mal s’était aggravé depuis deux ans, notamment à cause de son inactivité dû confinement lors de la pandémie de Covid-19 au printemps 2020. En 2021, il avait été handicapé lors de sa demi-finale perdue face à Novak Djokovic à Paris, avant de mettre fin à sa saison en août.
Le Majorquin, désormais 22 Majeurs au compteur, a reçu son nouveau traitement à la clinique Mapfre de médecine du tennis, l’établissement conjointement lancé en 2009 par le docteur Ángel Ruiz Cotorro et la Fédération espagnole de tennis dont il est le chef des services médicaux. Ce nouveau traitement consiste à faire des injections par radiofréquence pulsée. Ce qui consiste à envoyer un courant électrique sur le nerf. «Elles pourraient aider à diminuer la sensation de douleur permanente dans le pied», avait détaillé Nadal dimanche dernier.

Polémique sur les injections
Médecin personnel de Nadal, Ruiz Cotorro était à ses côtés pendant Roland-Garros. Le Majorquin n’a d’ailleurs pas caché qu’il avait reçu des injections avant chacune de ses sept rencontres jouées et gagnées à Paris. «On a bloqué (la douleur) en faisant des injections d’anesthésiant», avait expliqué Nadal, totalement transparent sur ce sujet.
Les produits anesthésiants ne sont pas interdits par le Code mondial antidopage de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Mais la révélation du recours à ces injections a créé un début de polémique chez les sportifs, notamment les cyclistes, et de nombreux débats éthiques sur ces pratiques.

NADAL REFUSE POUR LE MOMENT L’OPÉRATION
Pour Nadal, reste aussi l’option plus radicale d’une opération, mais elle n’est pas encore d’actualité. Selon plusieurs spécialistes en traumatologie, celle-ci signifierait une fin de carrière pour l’Espagnol. «Pour envisager une opération qui pourrait améliorer la situation, mais qui ne me garantirait pas du tout de pouvoir continuer, il faudra que je comprenne tout», avait précisé Nadal à ce sujet.
Il avait aussi confié après son accession en finale de Roland qu’il échangerait un 14e succès en finale pour un pied neuf, signe que son quotidien est également impacté par ce mal. Une opération pourrait lui permettre de retrouver le semblant de normalité qu’il recherche.
Interrogé par la presse espagnole à la sortie de l’aéroport, mardi, le joueur de Manacor avait précisé qu’il n’en savait pas plus quant à sa participation au prochain Wimbledon qui débutera le lundi 27 juin prochain. n