Depuis près d’une semaine, le bilan quotidien des cas de contamination à la Covid-19 affiche une tendance baissière passant de plus de 1 100 cas à moins de 700 cas, avec comme impact direct un léger désengorgement des hôpitaux.

Ces derniers avaient, en effet, connu ces deux derniers mois une forte pression avec un afflux massif de malades créant une saturation des unités Covid et de réanimation.
Le président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) et chef de service des maladies infectieuses de l’EPH de Boufarik, Dr Mohamed Yousfi, souligne à propos de cette tendance baissière qu’«elle se confirme progressivement au niveau national et même à l’hôpital de Boufarik, où depuis une semaine, on sent progressivement une diminution autour de 20% de l’afflux des malades, mais il faut attendre encore quelques jours pour confirmer cette baisse des cas de contamination».
Dr Mohamed Yousfi souligne, toutefois, «la gravité de la situation, car on n’est pas encore dans une situation stabilisée, mais c’est vrai qu’elle est moins critique qu’il y a une semaine».
Selon l’infectiologue, la baisse du nombre de cas s’explique par différents facteurs, dont le respect des mesures barrières. «Beaucoup de familles ont été touchées par les décès dus à la Covid» et, il souligne, qu’«en plus des décès déclarés, tous les malades qui ont succombé suite à la contamination à la Covid-19 n’ont pas tous été diagnostiqués par le test PCR et ne figurent donc pas dans les bilans officiels».
Dès lors, le nombre important de décès et de formes graves de la maladie touchant également les jeunes a fait l’effet d’un «électrochoc» qui a conduit à «un sursaut de la population pour le respect strict des mesures, suite aux nombreux appels lancés par les professionnels de la santé».
Dr Mohamed Yousfi ajoute que cette baisse s’explique aussi par les mesures prises par le gouvernement telles que le couvre-feu, la vente à emporter pour les restaurateurs et la limitation des horaires d’ouverture de certains commerces avec pour objectif la limitation des lieux de rassemblement, tout en maintenant les activités économiques.
Toutes ces mesures ont ainsi conduit à une baisse des cas de contaminations au coronavirus et ainsi diminué la pression sur les hôpitaux submergés par cette deuxième vague qui s’est révélée plus virulente que la première.
Moins d’afflux, mais les cas restent graves
Néanmoins, notre interlocuteur a précisé que «la majorité des malades qui viennent à l’hôpital, quel que soit leur âge, nécessite de l’oxygénothérapie à tel point que les capacités en termes d’oxygène et en termes de réserves ont été renforcées alors que ce n’était pas le cas au mois de mai et d’avril». Il ajoute qu’il est dans ce contexte important de maintenir la vigilance des citoyens et le contrôle strict des autorités pour la continuité de l’application des gestes barrières, afin de ne pas réitérer le scénario catastrophe de ces dernières semaines, suite à l’allègement des mesures de confinement. Il souligne à cet effet que «cette courbe, qui reste timide, doit continuer à diminuer de manière importante pour arriver à un niveau stable où les structures de santé pourront prendre en charge les malades dans de meilleures conditions».
Ceci d’autant plus qu’avec l’ouverture du transport aérien au niveau national et, certainement, prochainement l’ouverture du transport terrestre entre les wilayas, «il faudrait maintenir cette vigilance et éviter le relâchement tant de la part des citoyens que de la part du contrôle des autorités publiques comme cela a été constaté il y a près de deux mois», insiste Dr Mohamed Yousfi.
Pour sa part, le Pr Riad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie du coronavirus, a également déclaré, hier, sur les ondes de la Radio nationale qu’ «en ce moment, on amorce un frémissement de décrue suite aux mesures de confinement, de couvre-feu et de fermeture de beaucoup d’espaces où les regroupements étaient pourvoyeurs de de cas de contamination».
Il ajoute que l’indicateur principal de cette tendance baissière est le fait d’avoir «moins de pression dans les hôpitaux avec des lits qui ont été libérés».
Il estime à propos de cette baisse que «l’on sent que la population joue le jeu et adhère à toutes les mesures de prévention. J’espère que cette décrue se fera rapidement et qu’on essayera de stabiliser pour vivre avec le virus et se protéger de façon continue et de ne jamais relâcher la vigilance».
Même constat de l’amélioration de la situation épidémiologique et la diminution de la pression au niveau des hôpitaux chez le Dr Bekkat-Berkani, également, membre du Comité scientifique qui, dans un entretien accordé à TSA, estime que «les dispositions que les autorités ont prises dont le confinement partiel ont diminué les contacts et les résultats sont là». Ajoutant que «les Algériens par conviction ou par peur s’attachent désormais aux gestes barrières. On voit de plus en plus de citoyens, par peur de la maladie, du policier ou du gendarme, porter le masque. Toutes ces mesures ont contribué à diminuer la circulation du virus et la pression sur les hôpitaux».
De son côté, le professeur Mohamed Belhoucine, président de la cellule et suivi des enquêtes épidémiologique, souligne qu’en plus des nouvelles mesures prises par les autorités publiques pour juguler la propagation de la Covid-19, avec la montée des cas de contamination, «il y a eu aussi une montée de prise de conscience des citoyens dans le respect des mesures barrières en portant plus souvent le masque et en évitant les lieux de rassemblement.
Il tient lui aussi à lancer un appel au maintien de la vigilance dans le respect des gestes de prévention contre la propagation du virus : «Il faut rester très vigilant, le fait d’avoir dépassé 1 000 cas par jour, cela signifie que nous sommes sur une vague importante qui ne s’arrêteras pas de sitôt, si on ne maintient pas la vigilance et le respect des mesures barrières». n