L’enseignement à distance, l’option mise en place pour le suivi des programmes pédagogiques du troisième trimestre, après le confinement décidé par les autorités politiques, doit encore se poursuivre jusqu’au 29 avril suite à la décision du Premier ministre portant sur la reconduction du confinement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

PAR NAZIM B. ET MILINA KOUACI
Le maintien ainsi de la suspension des cours dans les trois cycles de l’Education nationale donne du fil à retordre aux parties chargées d’assurer la diffusion des cours à travers les supports numériques au moment où l’opération enregistre plus d’un couac en matière de suivi des programmes par les élèves, dont les conditions de certaines catégories ne permettent pas de suivre cette démarche.
Le ministère de l’Education a annoncé, pour sa part, dès le prolongement du confinement, qu’il poursuivra la mise en œuvre des actions contenues dans le plan d’urgence tracé, «en vue de faire face à la mesure de suspension de l’enseignement à temps plein et ce, via la diffusion des cours pilotes pour le 3e trimestre et d’émission dédiées à la prise en charge psychologique des élèves, à travers les radios locales, en coordination avec les directions de l’Education».
La tutelle a ajouté dans ce sens que l’opération d’enregistrement des émissions de solutions aux exercices sera poursuivie en coopération avec le Centre de recherche sur l’information scientifique et technique (Cerist), au profit des élèves des classes d’examen (5e année primaire, 4e année moyenne et 3e année secondaire) et sera diffusée selon un programmé horaire qui sera publié ultérieurement dans un communiqué.
Selon le ministère, qui oeuvre à rassurer élèves et parents, la diffusion des cours du 3e trimestre «se poursuivra» à travers 17 chaînes Youtube, au profit de l’ensemble des élèves des trois cycles d’enseignement.
Dans la même optique, souligne le ministère, un programme télé «Mafatih En Najah» (les clés de la réussite) est destiné au profit des élèves des classes d’examen, alors que des cours de soutien scolaire de la plateforme numérique de l’Office national d’enseignement et de formation à distance (Enefd) sont également destinés aux élèves de 4e année moyenne et de 3e année secondaire, et ce conformément à ce qui a été fixé dans un programme horaire rendu public précédemment.
Nul doute que la prorogation de ce mode d’enseignement met encore à rude épreuve aussi bien la tutelle que les autres acteurs et organismes intervenant dans le secteur.

Les suggestions des syndicats
C’est à ce titre que des élèves – particulièrement les lycéens- comme leurs parents n’ont pas cessé de s’interroger sur les conséquences du retard pris dans la reprise des cours du troisième trimestre dû à la crise sanitaire, notamment pour les classes d’examen.
De leur côté, les syndicalistes tentent tant bien que mal de rassurer les élèves ainsi que leurs parents, estimant que l’année scolaire est sauvée dans la mesure où 75 à 80% du programme scolaire ont été dispensés dans les deux premiers trimestres.
C’est l’avis de Nabil Ferguenis, syndicaliste du corps enseignant. A ses yeux, «il n’y a pas lieu de s’inquiéter car le troisième trimestre n’est composé que de trois à quatre semaines de cours. Le dernier trimestre de l’année scolaire n’a que 35 jours et les élèves ont achevé les deux trimestres».
Ce dernier propose cependant à la tutelle de «comptabiliser les deux trimestres pour les classes ordinaires. «Les établissements sont dans la possibilité de comptabiliser les deux premiers trimestres pour le primaire et le moyen pour le passage car 80% des cours ont été assurés», dit-il.
S’agissant des classes d’examen final, il pense que seule «l’évolution» de cette pandémie déterminera comment agir et décider, expliquant toutefois qu’il faut encore « temporiser» en attendant une meilleure visibilité dans les prochains jours.
«Pour l’instant, le confinement a été prolongé pour se protéger, la santé de nos enfants prime devant toute autre considération», affirme M. Ferguenis. Pour lui, la priorité est de réussir le confinement sanitaire pour un retour à la normale dans tous les secteurs.
Même son de cloche chez Messaoud Amraoui, député et ancien syndicaliste de l’Unpef, qui estime que pour les classes normales, «il suffirait de comptabiliser les deux trimestres et de limiter des cours devant être dispensés en perspective des examens du baccalauréat.
«On pourra rattraper le retard facilement, car les trois quarts du programme scolaire ont été assurés», se réjouit M. Amraoui. Les élèves peuvent être examinés sur les deux trimestres qui représentent 75% du programme annuel. Raison pour laquelle, il trouve judicieux de fixer après la levée du confinement, le «calendrier des examens scolaires». De son côté, le président de l’Unpef, Sadek Dziri, estime qu’il est trop tôt pour se prononcer sur les examens des classes finales. Pour lui, «il faut attendre le début du mois de mai pour avoir une meilleure visibilité et de décider par la suite quel scénario privilégier». n