Un monopole tentaculaire et une réelle dictature administrative pouvant atteindre son 8e mandat très prochainement.

A 70 ans, Issa Hayatou compte, comme il l’a révélé vendredi dernier, briguer un nouveau bail à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) qu’il préside depuis… 1988, soit 33 potentielles années de règne sans partage à la tête du football continental. Cela équivaudra à 18 phases finales de Coupe d’Afrique des nations et 8 Coupes du Monde. Les vainqueurs de ces deux prestigieux tournois ont changé entretemps, mais pas le premier patron de la CAF resté toujours en place. Huit différents vainqueurs en Afrique et cinq sélections distinctes couronnées lors du Mondial jusqu’à aujourd’hui, mais Hayatou a continué d’avoir la main sur les affaires de la balle ronde de notre continent. Bien vissé à son siège, celui qui était président de la FIFA par intérim (8 octobre 2015 au 26 février 2016) devrait être là pour 4 autres années à l’issue des prochaines élections confédérales prévues en mars prochain. Le tout, malgré des contrats douteux pour ce qui est du sponsoring et des droits TV des compétitions africaines estimés à des milliards de dollars. Ainsi, Hayatou reste fidèle à la sulfureuse réputation des personnes qui sont à la tête d’un sport roi très lucratif. Où les décisionnaires brassent des millions de dollars comme pots-de-vin avec une vie digne de celle d’hommes d’Etats. Des chairmen qui se retrouvent à aimer le pouvoir au point de s’en accaparer. Même si la démarche est devenue boitillante à cause des effets de l’horloge biologique, le vice-président de la FIFA pour l’Afrique se dirige, de pas fermes, vers un 8e plébiscite. Et ce n’est décidément pas Ahmad, premier responsable de la fédération malgache de football, qui pourrait l’en empêcher. Même si ce dernier compte dans sa musette certains faits d’armes comme son élection au comité exécutif de la CAF en tant que représentant de la zone Sud aux dépens du réputé Sud-Africain Danny Jordan en 2013. Ahmad, qui sera l’unique «adversaire» du potentat Hayatou lors du le prochain vote, avait aussi manqué pour une seule voix l’un des deux postes de représentants de la CAF au conseil de la FIFA en septembre dernier. Pas de quoi inquiéter l’actuel et, vraisemblablement, éternel «numéro» du sport à onze dans le «Continent Noir ». Soixante-quinze ans, c’est l’âge que devrait avoir Hayatou lorsque sa mission sera finie. Rassurer vous, l’«octopus» sera dans l’obligation de jeter l’«encre» en 2021 parce qu’il a signé une clause limitant les mandats à trois pour les années à venir s’assurant le titre de longévité à la tête de la structure footballistique pour l’éternité. Infiniment Hayatou.