Par Hamid Bellagha
D’un pays ami avec de solides relations commerciales, la relation avec l’Espagne se complique. La question du Sahara occidentale a peu à peu empoisonné les relations entre les deux pays.
Il faut se rappeler que l’Espagne en tant qu’ancien colonisateur se devait de « liquider » la question de décolonisation. Mais pour des raisons obscures, le royaume d’Espagne livrera les territoires sahraouis au Maroc et à la Mauritanie qui s’improviseront les nouveaux maîtres des lieux. La Mauritanie se retirera du «partage » et le Maroc, seul auto proclamera les territoires sahraouis marocains.
Depuis, c’est-à-dire plus de 40 ans, la situation des Sahraouis est en statu quo. La question est inscrite sur les tablettes de l’ONU, mais rien n’a été fait pour la résoudre, les divergences de point de vue et d’intérêt différant d’un pays ou d’une organisation à l’autre. L’une des dernières questions de décolonisation demeure sur les tablettes de l’ONU, mais son traitement différera d’un puissant du moment à l’autre, le Maroc aux aguets tentant d’aligner toutes les commissions sur ses thèses.
Mais la sortie inattendue du gouvernement espagnol a fait réagir fermement l’Algérie en condamnant la nouvelle position du royaume ibérique, tout en mettant en mode pause le traité d’amitié et les relations commerciales privilégiées entre les deux pays.
La tempête politique, car c’en est une, a provoqué des remous non seulement entre les deux rives de la Méditerranée, mais aussi au sein de la classe politique espagnole. Unanimement, tous les partis espagnols ont rejeté la nouvelle position du gouvernement Pedro Sanchez. Même ceux affiliés sous la même bannière politique que le gouvernement actuel n’entendent pas s’aligner sur les nouvelles thèses espagnoles concernant la question sahraouie. L’onde de choc est allée même jusqu’à provoquer une réaction de l’Union Européenne qui soutient le gouvernement espagnol, même si la distance entre la décision de Sanchez et celle de l’UE reste prudente. Malgré cela, l’Union Européenne entend signifier à l’Algérie que la réaction algérienne sur l’Espagne est inadmissible et que cela impactera gravement les relations entre le voisin du Sud et l’UE.
Politiquement, les 27 n’ont pas tranché définitivement et laissent à l’Algérie le soin du dialogue pour revenir sur la décision prise contre l’un de ses membres. Le gel des relations entre les deux «belligérants » n’est pas définitif, estime l’UE, et les portes du dialogue restent amplement ouvertes pour que l’Algérie et l’Espagne se retrouvent autour d’une table de réconciliations.