L’Agence de régulation de l’audiovisuel, le gendarme du secteur, met en garde les chaines de télévision privées contre la production consciente ou inconsciente d’images abusives des droits de l’enfant à l’intégrité et à sa protection de toute exploitation publicitaire, politique et idéologique… Dans un communiqué signé en commun avec le ministère de la Communication, l’Agence de régulation relance le débat sur la représentation de l’enfant à travers le petit écran algérien et la nécessité de protéger son statut des dérives médiatiques…

En effet, le gendarme de l’audiovisuel hausse le ton et met en garde contre la production d’images mettant les enfants en situation d’exploitation qu’elle soit médiatique, publicitaire, politique ou idéologique. Des compositions et des images aux antipodes de la représentation même de l’enfant et du jeune âge : l’innocence et l’impératif souligné par le droit algérien et universel de la soustraire à toute manipulation quelles que soient les motivations.
A cet effet, le ministère de la Communication et l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) ont menacé, hier, d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des chaînes de télévision privées et d’autres supports médiatiques, tels que les réseaux sociaux, qui portent atteinte aux droits des enfants et les exploitent. «Nous exhortons les producteurs, journalistes et animateurs à observer scrupuleusement cet interdit. Faute de quoi, le ministère de la Communication et l’Arav engageront des poursuites judiciaires contre qui de droit pour mettre fin à ces pratiques», indique le communiqué commun du ministère et de l’Arav.
Il est ainsi précisé que «de nombreux dépassements relatifs à l’exploitation de l’enfant et à l’atteinte à son intégrité morale ont été constatés sur les réseaux sociaux et les chaînes audiovisuelles privées». Expliquant que «les préjudices immédiats ou à venir sur son comportement sont incommensurables, cela est connu de tous. Toutefois, la circulation de vidéo sur les réseaux sociaux (Facebook et YouTube) et des chaînes de télévision algériennes privées, parallèlement à la généralisation des recours des journalistes aux déclarations des enfants, notamment lorsque ces derniers ont des liens de parenté ou de voisinage avec des victimes de disparition, d’enlèvement ou d’homicide, témoignent d’une violation flagrante et criminelle des droits de l’enfant».
Les cosignataires du communiqué déplorent également que l’«on recense, par ailleurs, l’implication de l’enfant dans des mouvements de protestation à caractère politique, social et professionnel, son incitation à commettre des actes subversifs tels que la démolition de panneaux d’affichage lors des campagnes électorales et, enfin, son exploitation par des chaînes de télévision privées dans des émissions ayant trait à des préoccupations sociales ou des différends familiaux, sans prendre en considération les risques qui en découlent sur sa santé mentale dans l’immédiat et sur le long terme.
Le ministère de la Communication et l’Arav rappellent, qu’en vertu de l’article 10 de la loi 15-12 du 15 juillet 2015, relative à la protection de l’enfant, il est «interdit, sous peine de poursuites pénales, l’utilisation de l’enfant dans des spots publicitaires, des films, des photos ou d’enregistrements sous quelques formes que ce soit, sans l’autorisation de son représentant légal et en dehors des heures de scolarité conformément à la législation et la réglementation en vigueur. Précisant que «ladite loi prévoit, dans les articles 140 et 141, des sanctions pénales en cas d’atteinte aux droits des enfants et leur exploitation à travers tout moyen de communication sous toutes formes à des fins contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre public».