PAR NAZIM BRAHIMI
Le paysage audiovisuel est dans tous ses états avec la multiplication des mesures de fermeture et de suspension temporaire contre les chaînes TV qui demeurent de droit étranger après plusieurs années d’exercice. Deux chaînes sont désormais, depuis lundi, sous sanctions.
Il s’agit d’El Djazairia One, contre laquelle une décision de fermeture «immédiate et définitive» a été décidée, alors qu’El Bilad TV s’en sort avec un retrait d’accréditation pour une semaine et une suspension d’émission. Des sanctions qui s’ajoutent à celles prononcées récemment contre Lina TV et El Hayat TV.
S’agissant des cas d’El Djazairia One, le ministère de la Communication et l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) ont annoncé, lundi, dans un communiqué conjoint, la fermeture «immédiate et définitive» de ladite chaîne pour des motifs liés au «non-respect des exigences de l’ordre public» et d’autres en rapport avec «les poursuites judiciaires à l’encontre des fondateurs et gérants de la chaîne».
Les rédacteurs du communiqué ont expliqué que «partant de ses missions de régulation et de contrôle de la scène audiovisuelle et suivant les prérogatives que lui confère la loi 14-04 relative à l’activité du secteur, l’Arav a enregistré des violations professionnelles provenant de la chaîne El Djazairia One relatives au non-respect des exigences de l’ordre public, outre la violation par l’un des associés de cette chaîne de la loi sur l’activité audiovisuelle, laquelle interdit l’acquisition d’actions dans plus d’une chaîne télévisée».
Et de relever qu’aux «précédents motifs s’ajoutent les poursuites judiciaires et le mandat d’arrêt rendu par la justice algérienne à l’encontre des frères propriétaires, fondateurs et gérants de cette chaîne pour infraction à la législation et à la réglementation de change et mouvements de capitaux de et vers l’Algérie, d’une part, blanchiment d’argent, d’autre part».
En ce qui concerne la chaîne El Bilad TV, c’est une décision de fermeture qui a été annoncée avec le retrait de son accréditation pour une semaine en raison de ses «violations répétées» des dispositions édictées dans la loi relative à l’activité audiovisuelle, notamment ses articles 48 et 103. «L’article 48 de la loi relative à l’activité audiovisuelle impose notamment le respect des règles professionnelles, d’éthique et de déontologie dans l’exercice de l’activité audiovisuelle quels qu’en soient la nature, le support et le mode de diffusion, la mise en place des mécanismes et des procédés techniques de protection des enfants mineurs et des adolescents dans les programmes diffusés et ne pas faire l’apologie de la violence», est-il indiqué dans un communiqué conjoint du ministère de la communication et de l’Arav. Pour ce faire, l’article 103 de ladite loi évoque «la suspension immédiate de l’autorisation préalable sans mise en demeure préalable», peut-on lire dans le communiqué.
La même source a précisé que l’Arav a enregistré «des violations, par la chaîne El Bilad TV, qui n’a pas mis en place des mécanismes et des mesures techniques de protection des enfants mineurs lors de la diffusion de ses programmes, outre la diffusion d’un extrait d’une séquence répétée des images du crime odieux contre le chahid Djamel Bensmaïl, victime d’un acte ciblé perpétré par une organisation terroriste, ce qui constitue une violation flagrante des engagements juridiques et moraux de la chaîne». Au regard de «ces dépassements», ajoute la même source, il a été décidé la fermeture de la chaîne El Bilad pour une semaine, à compter du 24 août 2021.
Une fermeture qui allonge la liste des chaînes fermées, à l’image de Lina TV contre laquelle a été prononcée, le 16 août en cours, la fermeture «immédiate et définitive» pour «activités en dehors des cadres juridiques».
«En réponse à la demande de l’Arav, le ministère de la Communication précise que la chaîne Lina TV n’a jamais bénéficié d’agrément préalable pour l’exercice de son activité audiovisuelle en Algérie et ses activités en dehors des cadres juridiques en vigueur exigent sa fermeture immédiate et définitive», avait indiqué le département d’Ammar Belhimer.
Le communiqué de la dernière réunion du Conseil des ministres, tenu dimanche dernier, a relevé que le Président Tebboune «a donné des instructions portant accélération de la réforme du cadre législatif relatif à l’audiovisuel et du cahier des charges régissant les engagements généraux en matière de respect des libertés fondamentales, des exigences de la gestion démocratique de la société et du maintien de l’ordre public, parallèlement à l’organisation de l’exploitation des services de la télédiffusion et de la radiodiffusion».