Le géant sud-coréen de l’électronique et de terminaux mobiles Samsung lance en association avec un opérateur algérien une usine d’assemblage de téléphones portables de type «Smartphones». L’investissement annoncé avant-hier lundi à Alger, lors d’une cérémonie officielle, est réalisé en partenariat avec son distributeur historique algérien, Timecom, en zone industrielle de Rouïba, et sera consacré au montage d’appareils téléphoniques mobiles de la gamme Galaxy J (J7 Pro, J3 Pro, J7 Prime, J7 Core et Grand Prime Plus…).

Tous ces produits porteront la mention «assemblé en Algérie» dans une gamme qui sera élargie «au fur et à mesure du développement de l’activité», promettent Samsung et son partenaire algérien.
L’unité de Rouïba est réalisée sur «fonds propres» par la partie algérienne. Timecom s’est, en effet, chargée de la préparation et de l’équipement de ce site de près de deux hectares comprenant une ligne d’assemblage et de production de 3600 m2, affirme son directeur général, en marge de la cérémonie de lancement. «C’est de l’investissement algérien adossé au savoir-faire sud-coréen», souligne-t-il en se faisant un point d’honneur à préciser que l’«usine est algérienne à 100%». Elle démarrera avec une capacité d’embauche de 220 personnes «employées directement» pour un objectif de 400 salariés, sa production sera au départ de 1,5 million d’unités par an avant qu’elle n’atteigne les 2,5 millions au bout de deux ans.
«Avec un transfert de technologie» progressif «qui sera assuré par une équipe d’ingénieurs et de formateurs sud-coréens» dépêchée en Algérie, assure Saïd Aïssa Ahcene, «le site de Rouïba devrait rapidement contribuer à la localisation d’une activité industrielle jusqu’ici totalement importée par le biais de l’assemblage avant que l’on songe à un taux d’intégration souhaitable par nous tous». «C’est cela l’objectif», a-t-il poursuivi en éludant la question relative à la ressource financière mobilisée pour la concrétisation du projet à propos duquel on aime surtout dire qu’il est unique en Afrique.
Le responsable marketing de Samsung Algérie, Ryad Attouchi, affirme en effet que l’unité de Rouïba est «la deuxième usine d’assemblage réalisée dans le monde par Samsung Electronics après celle lancée en Argentine» avec une société du pays, Brightstar, après une loi votée en 2009 pour encourager la production locale. Cette installation en Algérie, dit-il, manifeste «l’intérêt» du géant mondial de l’électronique et de la téléphonie mobile pour son marché dont les «consommateurs apprécient hautement le label Samsung». L’objectif, poursuit-il, est de leur «offrir une large gamme de produits répondant à leurs attentes, tant sur le plan de la diversification que sur le plan de la qualité».
A quel prix ? «Question prématurée», répond M. Attouchi en indiquant que l’accès aux produits sortis de l’usine de Rouïba se réglera en fonction de paramètres changeants et sur lesquels il est trop tôt de communiquer dessus. L’arrivée de Samsung Electronics dans l’activité de l’assemblage de la téléphonie mobile en Algérie avec un associé algérien venu de la distribution (Timecom est distributeur historique du téléphoniste Oredoo également) intervient dans un contexte saturé par les annonces de création d’unités similaires à l’exemple de celle lancée, le 20 novembre dernier, par LG Electronics, un autre géant sud-coréen, et la société algérienne Bomare davantage connue pour ses produits «Stream».
Avant eux, l’Algérien Condor a démarré ses opérations dans ce domaine en 2014, alors que tout récemment des bruits ont couru sur l’intention du Chinois Oppo d’ouvrir lui aussi une usine d’assemblage de Smartphones en Algérie en partenariat avec un investisseur local près de Relizane.
Le parc d’abonnés de la téléphonie mobile dans notre pays est passé de 43.4 millions en 2015 à 47 millions en 2016, selon l’ARPT, l’agent régulateur du secteur des Télecoms. En 2015-2016, également, l’Algérie a importé des téléphones portables pour 600 millions de dollars environ, un chiffre fourni l’été dernier par le gouvernement qui a décidé d’imposer des licences d’importation destinées à ce marché afin de maîtriser les achats de ses intervenants à l’étranger dans le cadre de la nouvelle politique de «maitrise» du commerce extérieur de l’Algérie.