L’élargissement de la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays voisins ainsi que la situation en Libye, qui s’apprête à organiser une élection présidentielle inédite, ont eu la part du lion dans les discussions entre le président Tebboune et son homologue tunisien Kaïs Saïed.

PAR NAZIM BRAHIMI
A l’occasion du premier jour de la visite d’Etat de Tebboune en Tunisie, les deux Présidents ont discuté des voies et moyens pour donner plus de profondeur à leur coopération appelée à connaître un «saut qualitatif» à la mesure des «potentialités» qui existent entre les deux pays.
La visite s’inscrit dans le cadre du «renforcement des liens profonds de fraternité unissant les deux peuples frères et de l’élargissement des domaines de coopération à un niveau qualitatif concrétisant la volonté commune des dirigeants des deux pays et de leurs peuples», avait indiqué la veille un communiqué de la Présidence de la République. Elle vient également traduire «la dynamique marquant les relations des deux pays depuis l’accession des présidents Tebboune et Saïed à la présidence respective des deux pays», selon la même source.
Cette dynamique se manifeste à travers l’échange de visites entre les responsables des deux pays, la dernière en date étant celle du Premier ministre Aïmene Benabderrahmane en Tunisie à la tête d’une importante délégation et, auparavant, celle effectuée fin novembre dernier par son homologue, la Cheffe du gouvernement tunisien, Najla Bouden.
La visite de Tebboune en Tunisie intervient après celle effectuée, en février 2020, par Kaïs Saïed qui avait choisi l’Algérie pour sa première sortie après son élection à la magistrature suprême.
A souligner que la visite du Président Tebboune intervient quelques jours après celle effectuée par Aimene Benabderrahmane en Tunisie où il a tenu, avec son homologue tunisienne, des séances de travail dans les domaines des finances, du commerce et de la promotion des exportations, de l’énergie, de l’industrie, des mines et des travaux publics.
L’accent a été également mis sur «la convergence totale» de vues entre les deux pays à tous les niveaux, dont les questions régionales et internationales, avec à leur tête le dossier libyen. L’Algérie avait réitéré l’engagement des deux parties à poursuivre la lutte antiterroriste en «activant tous les mécanismes de lutte aux frontières, la sécurité et la stabilité en Tunisie et en Algérie étant liées», plaidant «le développement» des régions frontalières et veiller à la concrétisation de l’intégration économique entre les deux pays. Il s’agit, dans ce registre, d’insuffler une nouvelle dynamique aux mécanismes de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines du développement, de l’intégration économique et du développement des régions frontalières pour relever les défis et répondre aux exigences de la conjoncture au mieux des intérêts des deux pays, s’accordent à dire les responsables algériens et tunisiens.
Les deux parties s’emploient également à tenir en permanence des réunions des comités mixtes pour la promotion de la coopération, la réalisation de l’intégration économique et l’unification de l’espace maghrébin en faveur des peuples de la région, comme souligné par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra.
Avant-hier, la Tunisie a annoncé avoir obtenu un prêt de 300 millions de dollars de l’Algérie, soulignant que le président Kaïs Saïed a ratifié par décret un protocole financier, conclu le 9 décembre, relatif à l’octroi par l’Algérie à la Tunisie «d’un prêt d’un montant de 300 millions de dollars», soit 266,2 millions d’euros.
En ce qui concerne la situation en Libye, l’Algérie et la Tunisie ont affirmé, à l’occasion de cette rencontre, leur attachement à la solution pacifique basée sur le dialogue et la réunification pour la préservation de la sécurité et de l’intégrité territoriales de la Libye, loin du langage des armes qui n’a fait que détruire le pays des années durant.
Les deux parties ont exprimé leur adhésion au processus de doter le voisin libyen d’institutions légitimes et pérennes. n