C’est à N’Djaména, capitale tchadienne, que s’est tenu le 5e atelier de la Ligue des oulémas prêcheurs et imams des pays du Sahel, avec pour thème «Le rôle des leaders religieux de la région du Sahel dans la protection des jeunes contre l’extrémisme violent».

Des oulémas venus d’Algérie, du Burkina Faso, du Mali, de Mauritanie, du Niger, du Nigeria, du Tchad, de Côte d’Ivoire, de Guinée et du Sénégal se sont réunis dans le but d’« engager une réflexion approfondie et de décliner des pistes concrètes de réflexion et d’action et de partage des expériences dans le domaine de lutte contre la radicalisation des jeunes » mais, également, pour pouvoir établir un état des lieux réel des expériences, stratégies, programmes ou initiatives des leaders religieux dans la région du Sahel dans la protection des jeunes contre la radicalisation et l’extrémisme violent. Organisé en partenariat avec l’Unité de fusion et de liaison (UFL), l’atelier a été « un cadre d’échange, d’expériences et de bonne pratique. Il a vu la participation d’éminents leaders religieux, érudits, imams et prêcheurs représentant les pays membres et des pays observateurs du bureau exécutif de la Ligue, ainsi que des représentants d’organisations sous-régionales et régionales, universitaires et acteurs issus du monde cultuel local », affirment les organisateurs. Durant ces deux jours, plusieurs questions ont été abordées dont celle liée à l’utilisation des nouvelles technologies par les leaders religieux afin de « promouvoir un discours sur les bons comportements et la haute morale auprès des jeunes, et leur inculquer les valeurs d’échanges et de tolérance, dans un climat de paix, de sécurité, de stabilité ». Le Secrétaire général de la Ligue des oulémas, prédicateurs et imams des pays du Sahel, Youcef Belmehdi, a affirmé durant son intervention que les objectifs contenus dans le 5e atelier s’inscrivaient dans le cadre d’une « approche globale » adoptée par l’Algérie en vue de diffuser la paix, la réconciliation et la stabilité dans la région du Sahel et l’Afrique. Il dira que « les mécanismes contenus dans l’accord de paix et de réconciliation au Mali ont renforcé grandement la lutte contre l’extrémisme ». Il a en outre salué les efforts consacrés par l`Algérie, en matière de réconciliation nationale. Il a affirmé que la charte pour la paix et la réconciliation nationale « pierre angulaire de la politique du président de la République Abdelaziz Bouteflika, dès son élection en 1999, et approuvée par référendum populaire le 29 septembre 2005 » demeurait un symbole de réussite pour consacrer la sécurité et la stabilité. Pour lui, l’expérience algérienne est un « exemple à suivre » par les pays de la région.

 

Sous le signe du partage
Cet atelier a été placé sous le signe du partage d’expériences. C’est ainsi que les représentants des pays membres de la Ligue des oulémas prêcheurs et imams des pays du Sahel, se sont succédé sur la tribune pour parler des expériences de leurs pays respectifs dans la lutte contre l’extrémisme religieux, à l’instar de Chekh Aslem Sid Elmostafa, venu de Mauritanie , qui a passé en revue l’expérience de son pays en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, indiquant que la Mauritanie avait pris des « mesures efficaces » aux dimensions sécuritaires, politiques et religieuses en matière de lutte contre le terrorisme. De son côté, le représentant de l’Algérie au sein de la Ligue, Kamel Chekat, a souligné l’importance de faire prévaloir les valeurs de tolérance et de respect de l’autre, et rejeter l’exclusion et l’extrémisme, tel que prôné par l’Islam. Chekat a centré son intervention sur la mauvaise interprétation de certains préceptes coraniques, appelant dans ce sens à promouvoir les idées et la pensée modérées pour améliorer l’image des musulmans, altérée en raison de l’extrémisme. Il semble bien que l’Etat algérien veut « prévaloir » des valeurs de tolérances et de contrôle du discours religieux. Invité au Forum du journal Echaâb mardi dernier, Bouabdallah Ghlamallah, le président du Haut-Conseil islamique (HCI), a appelé à la création d’un conseil national d’orientation religieuse. Ce conseil sera composé de membres représentant les différentes parties concernées, dont le ministère des Affaires religieuses et le Haut-Conseil islamique, a précisé Ghlamallah. Selon lui, le conseil serait « similaire à l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), mais jouissant de la personnalité morale et religieuse et non juridique».