La banque centrale est revenue à la charge, jeudi, pour fixer, à nouveau, les seuils des taux d’intérêt excessifs des différentes catégories de concours financiers ; une tentative de rappeler certaines banques de la place à l’obligation de s’en tenir aux taux d’intérêt admis par le régulateur bancaire.

Par Hakim Ould Mohamed
Cette nouvelle intervention de la banque centrale cadre avec l’instruction n°08-16 du 1er septembre 2016, relative aux modalités de fixation des taux excessifs, modifiée et complétée sur la base des déclarations des taux effectifs globaux, au titre 2e semestre 2021 par les banques et établissements financiers, lit-on dans un communiqué diffusé, jeudi, par la plus haute institution monétaire. Ainsi, le taux d’intérêt excessif appliqué aux découverts bancaires est fixé à 8,77%, tandis que celui appliqué aux crédits à la consommation est de 10,97%. Pour ce qui est des taux d’intérêt concernant les crédits bancaires à court terme, dont les crédits de fonctionnement, ceux-ci sont fixés à 9,01%. S’agissant des taux d’intérêt appliqués aux crédits à moyen et long termes, concernant généralement les crédits d’investissement, les seuils excessifs sont fixés à 8,26% et pour les crédits à long terme à 8,22%. Pour ce qui est du crédit de financement de l’habitat, la Banque d’Algérie a arrêté le seuil du taux d’intérêt excessif à 7,73% et pour le leasing à 13,03%. Si la banque centrale intervient régulièrement pour fixer et/ou rappeler les seuils excessifs des taux d’intérêts appliqués aux différentes tranches de crédits, c’est parce que certaines banques, notamment à capitaux privés, n’hésitent pas, par moments, d’appliquer des taux pénalisant les consommateurs. Ce pourquoi, l’instruction de la Banque d’Algérie relative aux modalités de fixation des taux d’intérêt excessifs a pour objectif essentiel de protéger les consommateurs de services financiers. Pour ce qui est des taux d’intérêt appliqués aux crédits de moyen et long termes, destinés essentiellement aux investisseurs, force est de constater que la dynamique de l’octroi des crédits reste faible malgré des taux qui demeurent les moins rémunérateurs. En effet, les statistiques fournies la semaine dernière par le gouverneur de la banque centrale montrent une faible évolution des crédits à l’économie, à l’issue des dix mois de l’année en cours, soit une hausse de seulement 3,82%, passant de 11.182,29 milliards de dinars à fin décembre 2020 à 11.609,37 milliards de dinars à fin octobre 2021. Ainsi, les crédits octroyés par les banques publiques ont augmenté de 3,24 % et ceux octroyés par les banques privées ont crû de 8,16 % au cours des dix premiers mois de 2021. Les crédits aux entreprises publiques, aux entreprises privées et aux ménages, ont augmenté respectivement de 4,80 %, 1,99 % et 7,11 % à fin octobre 2021. L’évolution des crédits aux ménages demeure la plus significative en dépit des taux d’intérêt élevés appliqués sur cette tranche de crédits.