Par Milina Kouaci
C’est la satisfaction au bout d’une année scolaire très particulière à plus d’un titre. Le taux de réussite aux épreuves du BEM (session 2021) a atteint 64,46 %, tandis que celui d’admission est de 72,86%, a annoncé dimanche le ministère de l’Education nationale, ce qui a donné de la joie aux candidats, leurs parents et proches.
Les syndicats enseignants se réjouissent, eux aussi, d’un taux de réussite élevé en dépit des conditions exceptionnelles liées à la conjoncture sanitaire ayant marqué l’année scolaire 2020/21.
«Un taux de réussite meilleur que celui de l’année dernière mais qui ne reflète pas le niveau de l’Ecole algérienne», tempère Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. Un taux de réussite prévisible pour le syndicaliste, qui dit avoir suivi les réactions des candidats depuis le premier jour des épreuves jusqu’au dernier.
«Les sujets étaient abordables dans toutes les matières, à l’exception des maths qui ont surpris les élèves», souligne-t-il. Les sujets, poursuit notre interlocuteur, ont été conçus de façon à ne pas bousculer les élèves et en tenant compte des conditions exceptionnelles de déroulement de l’année scolaire après un long congé forcé.
«Même un élève moyen pouvait avoir son BEM», juge le syndicaliste qui trouve que le niveau et la qualité de l’enseignement diffèrent du taux de réussite élevé.
«La situation exceptionnelle imposait de concevoir des sujets abordables pour ne pas impacter davantage négativement les élèves», a-t-il affirmé. A ses yeux, le taux de réussite ne peut être, également, la conséquence du mode de scolarisation adopté durant l’année 2020/21 dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pandémie de coronavirus.
«Il n’y a pas de lien direct entre la répartition des élèves de la même classe en deux groupes avec le taux de réussite lié directement aux sujets d’examen qui étaient à la portée de tous les candidats», dit M. Boudiba. Pour lui, le mode d’enseignement adopté l’année passée était harassant et impactait le rendement des enseignants. Ce qui s’est répercuté directement sur les élèves, ajoute le porte-parole du Cnapeste. «Ce n’est pas à cause du taux de réussite élevé qu’on va plaider pour la reconduction de ce mode de scolarisation sans une large consultation», renchérit le syndicaliste.
Contrairement au Cnapeste, l’Unpef estime qu’il y a corrélation et causalité entre le taux de réussite et le mode d’enseignement adopté l’année passée, souhaitant ainsi qu’il soit reconduit, à la condition que la tutelle recrute des enseignants et des administrateurs et construit d’autres établissements scolaires pour le bien des élèves et de l’Ecole algérienne.
«Le travail dans des classes de moins de 25 élèves a montré ses fruits», dit le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, qui souhaite que le ministère de l’Education et le gouvernement trouvent des solutions radicales pour le problème de «surcharge des classes». «L’enseignement par groupe est une expérience qu’il faut valoriser», plaide le syndicaliste.
Sur un autre registre, les pronostics du porte-parole de l’Unpef sont optimistes pour le Bac dont la correction a été lancée dimanche. «Le taux de réussite sera conséquent». Selon des échos parvenus à l’unpef, il a été demandé aux enseignants d’être «souples dans la correction», fait savoir le syndicaliste, qui appelle à bannir «le populisme» dans tous les examens officiels.