Le cours de la monnaie nationale plonge à nouveau cette semaine face aux deux principales devises d’échange, l’euro et le dollar en l’occurrence. En témoigne les cotations hebdomadaires communiquées, hier, par la Banque d’Algérie qui a fixé la valeur de l’euro à 164,74 dinars, tandis que la valeur du dollar est fixée à 135,99 dinars sur le marché officiel des changes. Jamais le cours du dinar n’a signé un plongeon aussi vertigineux. Le dinar signe une chute spectaculaire cette semaine comparativement aux semaines précédentes, puisque aux cours de la semaine dernière, l’euro et le dollar prenant respectivement 4 et 2 dinars en une semaine seulement. Cependant, en comparaison avec les cotations de janvier et juin derniers, le dinar enregistre une importante dépréciation, plongeant de plus de 7% depuis juin face à la monnaie unique, alors qu’il se stabilisait face au billet vert avant la chute spectaculaire de cette semaine. En effet, le dollar s’échangeait contre 134,40 durant la deuxième semaine de juin 2020 contre 135,99 cette semaine. Cependant, la principale devise du Vieux continent valait 150,56 DA durant la seconde semaine de juin dernier, contre un plus bas de 164,74 DA cette semaine, marquant ainsi un repli de 14 DA en un laps de temps de cinq mois seulement. La dépréciation du dinar se révèle ainsi plus prononcée contre l’euro que face à la monnaie américaine, mais le cadrage macroéconomique de la période 2021-2023 anticipe une forte dévaluation du dinar par rapport au billet vert. En effet, la valeur de la monnaie nationale continuera de baisser progressivement dès 2021, à raison de 142,20 DA pour un dollar en moyenne l’an prochain, 149,31 dinars/dollar en 2022 et 156,78 dinars/dollar en 2023. Pour prévoir de tels planchers, le gouvernement anticipe une faiblesse des recettes en devises sur les trois prochaines années sous l’effet d’un baril de Brent moins rentable que les années précédentes. De toute façon, faute de réformes économiques et budgétaires de fond, la dévaluation du dinar continuera à servir d’un moyen d’ajustement et d’amortisseur de l’impact de la baisse des prix du pétrole sur l’économie. Cependant, la banque centrale a mis en garde dans sa dernière note de conjoncture que l’ajustement du taux de change « ne doit pas constituer le principal, voire l’unique levier d’ajustement macroéconomique », plaidant en faveur de la mise en œuvre, sans délais, de réformes structurelles afin de rétablir durablement les équilibres macroéconomiques du pays. La tendance n’est pas non plus au renforcement du dinar sur le marché informel des devises puisque la monnaie nationale s’est affaiblie contre les principales devises, amorçant un nouveau mouvement vers la décote. Un billet de 100 euros s’échangeait, hier, contre 20700 dinars, alors qu’un billet de 100 dollars valait 17300 dinars sur le marché parallèle. Une nette tendance vers la dépréciation du dinar était visible depuis quelques jours déjà ; l’euro et le dollar reprenaient de la vigueur sur le marché informel en raison, semble-t-il, d’une demande qui repart au galop. n