La monnaie nationale devrait poursuivre sa dépréciation face au dollar dans les trois prochaines années, lit-on dans les cadrages budgétaires du gouvernement de la période 2021-2023. Présentée, hier, à la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, la feuille budgétaire des trois prochaines années lève le voile sur une importante chute de la valeur du dinar contre le billet vert.

La note budgétaire en question prévoit, en effet, un recul des cours de change du dinar algérien (DA) contre le dollar américain (USD), où la moyenne annuelle devra atteindre 142,20 DA/USD en 2021, 149,31 DA/USD en 2022 et 156,78 Da/USD en 2023. La valeur de la monnaie nationale devrait atteindre ainsi un plus bas historique face à la principale devise d’échange. Il faut s’attendre à une dépréciation aussi soutenue face à l’euro bien que le gouvernement n’en souffle mot dans ses cadrages budgétaires, laissant ainsi une marge importante aux spéculations. Il faut souligner au passage que la valeur de la monnaie nationale a repris ses mouvements baissiers depuis le début de l’année en cours, en grande partie pour amortir l’effet de la rechute des cours du brut sur les fondamentaux de l’économie nationale. Les variations à la baisse des prix du pétrole, entamées depuis le début de l’année en cours, ne plaident aucunement pour une quelconque appréciation de la valeur du dinar, tant il est vrai que celle-ci joue en grande partie un rôle d’amortisseur du choc externe sur l’économie.
Dans les cotations officielles de la » centrale, le billet vert valait cette semaine 134 dinars sur le marché interbancaire de change, tandis que la principale devise du Vieux continent était fixée à 158 dinars. Sans aucun doute, cette dépréciation annoncée du dinar contre le dollar sur la période 2021-2023 et, bien évidemment contre l’euro également, servira encore une fois à amortir les conséquences de la chute des prix du pétrole sur l’économie. C’est une dépréciation qui était même recommandée par les institutions de Bretton Woods dans leurs rapports distincts rendus publics récemment. «Les mesures passées et présentes prises par les pouvoirs publics pour tenter de régler la question du double déficit, dont les restrictions des importations ou le financement monétaire, constituent des solutions à court terme qui devraient être complétées par des réformes visant à remédier aux faiblesses structurelles de l’économie. La dépréciation du taux de change pourrait apporter une nouvelle bouffée d’oxygène», a indiqué la » mondiale dans son dernier rapport de suivi de la situation économique en Algérie. Son institution jumelle, le Fonds monétaire international (FMI) en l’occurrence, préconisait une dépréciation progressive du taux de change, accompagnée de mesures visant à éliminer le marché des changes parallèle aux fins de favoriser les mesures d’ajustement. En l’absence d’efforts d’ajustement soutenus, la » centrale a à maintes reprises actionner le levier monétaire pour faire face aux effets désastreux de la chute des prix du pétrole sur les comptes publics. Cependant, la » d’Algérie n’a pas hésité à souligner récemment que l’ajustement du taux de change du dinar «ne doit pas constituer le principal, voire l’unique levier d’ajustement macroéconomique». «Pour être efficace, il doit accompagner la mise en œuvre effective d’autres mesures et politiques d’ajustement macroéconomique, notamment budgétaire, aux fins de rétablir durablement les équilibres macroéconomiques, et de réformes structurelles aux fins d’asseoir une diversification effective de l’économie et in fine une hausse de l’offre domestique de biens et services», lit-on dans la dernière note de conjoncture de l’institution monétaire. <