Les opérateurs algériens à l’export disposent désormais d’un nouveau passeport pour aborder les marchés extérieurs ayant davantage d’assurance et de garantie ; le certificat de conformité pour les produits qu’ils destinent à leurs clients dans les pays étrangers ! Tout industriel prétendant à la vente de sa production hors de nos frontières peut désormais obtenir ce certificat en se soumettant aux critères en vigueur dans le commerce international ainsi qu’aux règles d’accès aux pays destinataires de sa marchandise. La procédure, apprend-on, a été mise en place par le Centre algérien du contrôle et de la qualité de l’emballage (CACQE) sous la férule du ministère du Commerce. Pour les opérateurs et les organismes qui se plaignent à juste titre depuis des années du manque d’un dispositif complet et performant d’accompagnement aux marchés extérieurs, l’annonce de délivrance de ce certificat de conformité est assurément une bonne nouvelle. Cependant, elle est aussi une confirmation d’une partie de leur discours sur la difficulté à exporter et à se déployer hors du marché domestique algérien dans un contexte national qu’ils ont toujours décrit comme contraignant aux plans réglementaire et autres… Aussi réjouissante soit-elle, l’information de la délivrance aujourd’hui d’un certificat de conformité par un organisme compétent laisse, en effet, perplexe.
Elle incite surtout à poser la question suivante : pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour que les opérateurs à l’export aient enfin en main ce certificat pourtant si précieux et si cher en temps et en argent à acquérir quand on sollicite les services de laboratoires d’analyse et d’expertise internationaux ? Pour toute opération de vente de produits à l’étranger, ici ou ailleurs, ce document constitue comme tout le monde le sait le sésame par excellence. Tous les opérateurs algériens qui ont l’expérience de l’export vous le diront : sans lui, et à moins de faire dans la contrebande, il est quasiment impossible de pouvoir faire traverser par les moyens légaux les frontières d’un pays étranger à une marchandise qui n’est pas certifiée sûre en qualité comme en hygiène. Tous vous diront quel parcours faut-il pour faire « homologuer » son produit ailleurs qu’en Algérie et conquérir des marchés extérieurs nouveaux..
Faut-il s’arrêter à cette interrogation-sentence sur le retard accusé dans ce domaine ? Au contraire, il faut applaudir l’initiative et espérer que le Centre qui l’a prise, le CACQE, ait les moyens de répondre à une demande qui, si l’on croit les ambitions d’exporter dévoilées depuis peu par les chefs d’entreprise en vue, devrait être de plus en plus émergente. Pour le conseil sur les marchés étrangers, leur potentiel, leurs débouchés, leurs tailles et le risque-pays, on attendra… En espérant pas trop.