Le calme précaire qu’a connu la wilaya de Bouira n’a pas duré longtemps. Emaillé d’incidents secouant notamment l’université Akli-Mohand-Oulhadj durant trois jours, des scènes de rue ont refait surface hier touchant d’autres localités de la wilaya.

En effet, le tronçon autoroutier reliant Alger à Bouira a été fermé en fin d’après-midi de jeudi dernier à hauteur de la commune de Bechloul par quelques jeunes manifestants. L’action de protestation n’a pas duré longtemps et la circulation routière a été libérée après l’intervention rapide des gendarmes. Hier, deux routes principales menant vers Tikjda, un site touristique par excellence situé sur les hauteurs de la commune d’El Esnam, ont été bloquées par des manifestants au niveau des communes de Haizer et El Adjiba. A Haizer, des dizaines d’automobilistes ont été empêchés de rejoindre leur destination. La route a été barricadée à l’aide de pneus brûlés et de troncs d’arbre. Les véhicules ont été obligés d’emprunter d’autres routes. La même situation a été constatée au niveau de la «Crête rouge», où des jeunes ont bloqué la route. Il faut souligner que le ministre de la Jeunesse et des Sports El Hadi Ould Ali, qui a lancé un appel au calme à l’occasion de son intervention à la radio de Bouira, a écourté sa visite suite à ces troubles. Annoncé à Tikjda, où il devait donner le coup d’envoi de la saison hivernale, le ministre s’est contenté de quelques sorties dans quelques structures sportives du chef-lieu de wilaya. Intervenant au sujet de la promotion de la langue tamazight, le ministre a estimé que beaucoup de choses ont été faites en donnant le chiffre de 22 wilayas où la langue amazighe est enseignée. Le ministre a rappelé les événements de 1995, en précisant que tamazight est enseigné maintenant au niveau de plus de 30 wilayas. «La revendication est légitime, mais dans le calme», a estimé El Hadi Ould Ali. Il faut préciser que la route reliant Bouira vers Tikjda a été rouverte vers 15h après intervention des élus appelant les manifestants au calme.