Le Secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) a relancé, hier, son appel à la généralisation de tamazight à l’école. Si El Hachemi Assad, qui s’exprimait à l’occasion du 25e anniversaire de la création du HCA, a plaidé, en effet, pour l’amendement de la loi d’orientation sur l’éducation nationale de janvier 2008 pour supprimer l’aspect facultatif de l’enseignement de la langue berbère à l’école.

Le caractère facultatif est, de l’avis de nombreux spécialistes, un verrou à sa généralisation et sa diffusion. Il est aussi un frein à sa pleine reconnaissance sur le terrain et conformité politique et juridique en tant que langue nationale et officielle.
L’initiative de M. Assad pour la levée du caractère facultatif de tamazight n’est pas nouvelle. Elle recouvre une partie importante de l’action du HCA durant ces dernières années, notamment dans sa relation avec le ministère de l’Education nationale et les acteurs qui travaillent dans le champ de l’alphabétisation. Néanmoins, le contexte actuel lui procure une autre valeur, sachant que la mise à l’ordre du jour du chef de l’Etat du projet de révision de la Constitution a fait entendre des voix tentées par la remise en cause des acquis concernant tamazight.
Certaines formations politiques issues du courant islamiste, comme le mouvement El Bina, par exemple, ne sont pas loin d’exiger une redéfinition du statut de la langue tel qu’il est gravé dans la Constitution amendée de 2016. D’où l’appel du Secrétaire général du HCA de «positiver et consolider» les acquis réalisés. Et d’annoncer, dans le cadre de la valorisation de la langue, la tenue en novembre prochain d’un colloque scientifique portant sur la thématique de «La carte linguistique de tamazight en Algérie» en partenariat avec l’université Ahmed-Draia d’Adrar et l’Académie africaine des langues (Acalan) à Bamako (Mali).
Si El Hachemi Assad plaide pour l’élaboration d’«une carte linguistique de tamazight» en Algérie, l’objectif, a-t-il expliqué lors de son intervention hier sur la Chaine II de la Radio nationale, est de parvenir à «une stratégie pour le développement et la valorisation de la langue amazighe». «La question de l’élaboration d’une carte linguistique de tamazight en Algérie est une étape importante pour une planification globale qui consacre sur le terrain, désormais, l’institutionnalisation de tamazight», a-t-il affirmé. Selon le premier responsable du HCA, il s’agit de «de contribuer au développement de toutes les variantes» de la langue d’une région à une autre du pays alors que le fonds syntaxique est le même partout.<