Il y une année, le 7 février 2016, la représentation nationale approuvait le projet de révision constitutionnelle du président de la République : un pas important dans la consolidation institutionnelle et du processus de démocratisation dans le pays.

Parmi les dispositions contenues dans la nouvelle Constitution figure, celle centrale, de l’élévation de tamazight au rang de langue nationale et officielle du pays. Cette reconnaissance consacre des décennies de lutte acharnée pour les libertés et les droits fondamentaux ainsi que pour le renforcement du socle identitaire de l’Algérie. Elle ouvre aujourd’hui une nouvelle page, sans doute la plus difficile à écrire, car elle consiste à sortir de l’acte constitutionnel, le suivi de son application sur le terrain.
Il s’agit de dépasser l’étape de la consécration pour passer à celui du travail académique et de la recherche », a résumé hier un universitaire et linguiste. Il s’agit aussi de ne pas perdre du temps et d’ouvrir le champ de promotion, d’épanouissement et de généralisation de tamazight : la sortir de son statut actuel de langue de «moindre diffusion » comme disent certains linguistes à celui de langue parlée et pratiquée comme un vecteur de culture, de connaissance, de savoir et de technologie.
Sur ce plan, on parle de la création prochaine de l’Académie algérienne de langue amazighe, on attend du Haut-Commissariat à l’amazighité qu’il mobilise ses ressources et les compétences, les siennes propres mais celles aussi qui s’expriment ailleurs, pour encourager l’édition en tamazight, la traduction et la recherche pour sa généralisation et sa démocratisation.
Mais on espère surtout que les textes d’application devant donner un contenu pratique à l’acte constitutionnel qui fait aujourd’hui de tamazight une langue officielle et généralisée à tous les domaines d’activité dans le pays.
L’enjeu est que ces textes d’application soient disponibles le plus rapidement possible pour qu’ils soient discutés, peut-être corrigés mais toujours dans le sens d’un développement et d’un confortement de la langue amazighe partout et en tant que pilier de l’identité nationale. L’enjeu qu’en parallèle l’école de la République, acteur fondamental et incontournable dans le recouvrement de tous éléments constitutifs de notre identité, prenne rapidement en charge l’enseignement et la diffusion de la langue.