Plus d’un millier de cas ont été recensés en quelques jours. L’autorité sanitaire rassure et déclare maitriser la situation.

Alors que l’Algérie est en pleine lutte contre la pandémie de coronavirus, voilà qu’une autre épidémie fait son entrée dans le sud du pays. Le paludisme s’est frayé un chemin depuis les frontières Sud et a déjà fait plus d’un millier de contaminés.
«Les données actuelles de la surveillance épidémiologique montrent que des cas de paludisme d’importation ont été enregistrés au niveau de cinq wilayas. Il s’agit de 918 personnes qui ont été touchées à Tamanrasset, 96 autres à Adrar, 89 à Illizi, 5 à Ouargla et 2 à Ghardaïa», a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière dans un communiqué rendu public mardi dernier. Soit un total de 1 110 cas de paludisme jusqu’à la journée d’avant-hier.
Etant donné que le paludisme se répand vite, il n’est pas exclu que d’autres cas aient pu être détectés depuis, si l’on considère que des médias faisaient déjà état de plus de 80 cas dimanche 27 septembre, soit trois jours avant que le ministère de la Santé ne communique sur l’épidémie du paludisme. Les autorités sanitaires affirment que l’Algérie, bien qu’elle ait été certifiée exempte du paludisme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), reste confrontée au problème du «paludisme d’importation». «Comme chaque année au mois de septembre après les premières pluies, il y a une recrudescence des cas de paludisme importés venant essentiellement des pays frontaliers sahéliens ou d’Algériens ayant séjourné au niveau de ces pays», est-il indiqué dans le même communiqué. Selon le média Echorouk, qui a donné l’alerte, des sources médicales ont indiqué que l’«importation du parasite a été faite depuis le Mali par des nomades qui n’ont pas respecté les mesures de prévention ni pris les traitements préventifs lors de déplacements dans ce pays».
Pour sa part, le ministère de la Santé a déclaré dans son communiqué, concernant les cas en Algérie, que «les antipaludéens étaient disponibles au niveau des structures de prise en charge et un stock de sécurité a été renforcé au niveau des wilayas touchées en prévision de la survenue d’autres cas. De même que le dispositif de surveillance a été renforcé, notamment, par le dépistage actif, la détection et la prise en charge précoce des cas. A cela s’ajoute la mise en application des mesures appropriées de lutte anti-vectorielle».
Maintenant que le paludisme est présent dans cinq wilayas, il s’agit d’aller vers le «renforcement du dispositif de surveillance et de prise en charge», selon le ministère de la Santé. «Toutes les mesures ont été prises conformément au plan national de prévention de la réintroduction de la maladie qui prend en compte les facteurs climatiques, géographiques et les voyages dans les pays d’endémie palustre», a-t-il indiqué, rassurant que «tous les cas ont été pris en charge au niveau des structures hospitalières conformément aux directives thérapeutique nationales».
Le ministère de la Santé a déclaré qu’il assure, en coordination avec les directeurs de la santé et de la population des wilayas concernées, le suivi et les mesures mises en place pour faire face à cette situation.
Par ailleurs, il convient de noter que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans la diffusion de la situation qui prévaut au Mali, de même que des appels ont été lancés à l’adresse des autorités locales de Tamanrasset, wilaya limitrophe du Mali, pour intervenir dès le début. La presse malienne a, à son tour, tiré la sonnette d’alarme soulignant que le pays est frappé par «une vague de contagions, notamment dans les régions Kidal, Gao, Bourem et Ménaka, situées au nord-est du pays, frontalières avec le Niger et l’Algérie». D’ailleurs, les médias ont indiqué que des images relayées sur facebook depuis quelques jours, montrant des malades atteints de malaria pris en charge dans des tentes et présentées comme étant en Algérie, ont été prises au Mali. Les professionnels de la santé ont souligné que l’épidémie du paludisme qui continue de se propager au Mali trouve explication dans la non-tenue de la campagne de vaccination dans plusieurs zones touchées. <