Le parti de Talaie El Hourriyet a fini par décider de participer au référendum sur le projet de révision constitutionnelle sans pour autant donner de consigne de vote à ses militants.
Dans un communiqué, rendu public à l’issue de la réunion de son bureau politique, le parti a indiqué avoir opté pour la participation au référendum du 1er novembre prochain appelant ses militants à «se fier à leur conscience lors du vote en faisant prévaloir l’intérêt suprême du pays».
La décision met ainsi fin à une hésitation qui a empêché les structures du parti à s’exprimer sur cette échéance. «A la lumière des consultations menées à distance par le parti ayant concerné les structures et les militants de la base, une tendance générale en faveur de la participation au référendum sur la révision constitutionnelle s’est avérée, avec une opinion relative favorable à l’amendement constitutionnel», précise le parti dans son communiqué. En conséquence, ajoute le communiqué, le parti a décidé «d’interagir positivement avec la participation au référendum sur l’amendement de la Constitution…»
Talaie El Hourriyet est revenu par ailleurs sur les raisons qui ont fait qu’il n’annonce sa position qu’après l’entame de la campagne référendaire qui aborde sa dernière phase. «Le parti avait reporté l’annonce de sa position concernant le référendum sur le projet de l’amendement constitutionnel au Premier congrès du parti qui devait se tenir les 9 et 10 octobre 2020, lequel avait été reporté à une date ultérieure pour des raisons impérieuses indépendantes de la volonté du parti», souligne la même source.
«Suite à l’impossibilité de tenir le congrès à la date prévue et compte tenu de la situation sanitaire que traverse le pays due à la pandémie du nouveau Coronavirus, il a été décidé de mener une consultation à distance englobant les militants de la base du parti pour déterminer sa position sur le référendum concernant le projet d’amendement constitutionnel soumis», explique le parti, qui semble se préparer davantage à la tenue de son congrès qui va le doter d’une nouvelle direction nationale.
Le parti rappelle, s’agissant de son appréciation du projet de révision constitutionnelle, avoir émis ses observations et propositions sur la mouture de l’amendement constitutionnel dans une note adressée à la Présidence de la République le 4 juillet 2020. En matière de propositions, le parti a plaidé, dans le chapitre dédié au pouvoir législatif, pour la suppression du Sénat au motif que «les conditions qui ont présidé à sa création ne sont plus d’actualité», relevant également que cette chambre a été «souvent critiquée pour son déficit démocratique». A défaut de retenir cette demande de suppression de la deuxième chambre du Parlement, le parti a suggéré «la suppression du tiers présidentiel pour combler le déficit démocratique du Conseil de la nation et éloigner le pouvoir exécutif de toute interférence dans sa composition».
Talaie El Hourriyet a préconisé aussi d’étendre le régime déclaratif aux partis et le plein rétablissement de la fonction de chef de gouvernement et de conseil du gouvernement et un partage rationnel des attributions au sein de l’Exécutif ainsi que l’institutionnalisation d’un message annuel du Président de la République sur l’Etat de la Nation devant le Parlement. n