Lundi 25 avril, Taïwan a donné le coup d’envoi à des manœuvres militaires. Ces exercices d’ampleur d’une durée de cinq jours sont marqués par la relation tendue et quasi belliqueuse avec Pékin qui réclame la rétrocession de l’île souveraine, depuis 1949, après l’installation sur son sol des nationalistes du Kuomintang (vaincus par les communistes) et par la guerre russe en Ukraine. Le scénario envisagé par Taipei est de simuler «toutes les actions possibles» avec la probabilité d’un déploiement des forces chinoises sur son territoire à l’instar de ce qui se déroule entre la Russie et l’Ukraine. Lundi, lors d’un exercice visant à empêcher les ennemis d’accéder à la capitale Taipei, des réservistes armés de mitrailleuses ont couru dans des tranchées ensablées, creusées sous un pont, avant de se mettre en position de tir. «Les bunkers souterrains permettent de couvrir les troupes et de repousser les forces de l’ennemi», a déclaré aux agences de presse Su Tzu-yun, expert militaire à l’Institut de recherche sur la défense et la sécurité nationales de Taïwan. «Ils font partie de la guerre urbaine en Ukraine», a-t-il ajouté. Des missiles Stinger, efficaces contre les hélicoptères et les avions à basse altitude, ont également été déployés dans certains hauts immeubles de la région, a-t-il encore indiqué. Ces missiles portables ont été d’une aide précieuse pour les forces ukrainiennes face à l’armée russe. Dans le même temps, les rues de plusieurs villes du nord du pays se sont vidées pendant une demi-heure dans le cadre d’un exercice civil simulant un raid aérien. Piétons et voitures ont été interdits de circuler après que des sirènes et des alertes par SMS aient signalé des attaques de missiles simulées. Les relations de Taïwan avec Pékin sont glaciales depuis l’arrivée au pouvoir, en 2016, de la présidente Tsai Ing-wen, qui estime que l’île est une nation souveraine et ne fait pas partie de la Chine. Le patron de l’agence de renseignement américaine Bill Burns a récemment déclaré que la Chine semblait déterminée à utiliser la force à Taïwan, l’expérience de la Russie en Ukraine influant sur ses calculs quant au moment et à la manière – et non à l’opportunité – d’envahir. Taïwan a enregistré 969 incursions d’avions de guerre chinois dans sa zone de défense aérienne (Adiz) en 2021, selon une base de données compilée par l’AFP. Cette année, plus de 600 incursions ont déjà été recensées.