Le Syndicat des praticiens de la santé publique (SNPSP) est insatisfait. Il déplore ce qu’il considère comme la mauvaise gestion de la situation épidémiologique qu’il qualifie de «très alarmante» et réitère son appel à ce que la Covid-19 ainsi que le syndrome du burn-out «épuisement professionnel» soient inscrits sur le tableau des maladies professionnelles.

Le constat de cette organisation syndicale est bâti sur «les défaillances relevées dans la prise en charge» des malades qui continuent de solliciter les établissements hospitaliers à travers les 4 coins du pays.
Le SNPSP pointe ainsi les retombées de ces lacunes sur l’organisation de l’offre de soin en cette période de rebond des cas de contaminations quotidiennes bien que la tendance est à la décrue ces derniers jours, mais qui est loin de rassurer ou d’ouvrir la voie à l’imprudence.
D’où son appel à la révision du plan de lutte contre la pandémie adopté par les autorités en recommandant «l’élargissement de la concertation et de la coordination au niveau central et local».
C’est la raison pour laquelle le SNPSP qualifie la situation épidémiologique de «très alarmante», déplorant ainsi une «dégradation» des conditions de travail et un «manque flagrant» de moyens de protection chez les professionnels de la santé pour affronter cette crise.
«Le syndicat déplore encore une fois la mauvaise gestion et la défaillance relevées dans la prise en charge des retombées sur l’organisation de l’offre de soin de cette crise sanitaire en constante accentuation depuis plusieurs semaines», écrit le syndicat dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion tenue en visioconférence.
Depuis le début de la crise sanitaire, le syndicat fait état d’un nombre important de praticiens contaminés ou emportés par le coronavirus.
«Le SNPSP enregistre une augmentation du nombre de contaminations des praticiens médicaux en particulier et des professionnels de la santé en général», ajoute le syndicat qui déplore un nombre considérable de décès parmi le personnel soignant.
Le président du SNPSP a indiqué dernièrement que nombre de professionnels de la santé contaminés par le coronavirus (Covid-19) se situe autour de 10 000 cas, parmi lesquels 136 décès, dont 116 dans le corps des praticiens médicaux. Devant ce constat, cette organisation syndicale interpelle les autorités sanitaires sur «la gravité de la situation» et demande que les responsabilités soient assumées envers les professionnels de la santé par la disponibilité de tous les moyens nécessaires de travail indispensables à la protection et à la santé.
Estimant par ailleurs, que le corps médical et paramédical fait face, depuis le début de la crise sanitaire, notamment après le rebond épidémique, à «une pression continuelle» avec des conditions de travail de plus en plus difficiles, le syndicat réitère son appel à ce que la Covid-19 ainsi que le syndrome du burn-out «épuisement professionnel» soient inscrits sur le tableau des maladies professionnelles.
S’agissant des revendications socioprofessionnelles, le syndicat reproche à sa tutelle son «silence et absence totale» dans la prise en charge des dossiers de la plateforme de revendications.
Le SNPSP regrette le fait qu’«aucune suite» n’a été donnée aux écrits faits au ministre de la Santé ainsi que les correspondances adressées respectivement au Premier ministre le 10 mai dernier, et le président le 13 juillet, où il a été fait état de recommandations en rapport avec la gestion de la situation sanitaire et des priorités dans la prise en charge des situations pour les médecins dentistes et les pharmaciens, le déficit en postes budgétaires pour le recrutement.
Le syndicat accuse également, l’administration centrale du ministère de la Santé de n’afficher «aucune réelle volonté» pour redynamiser le dialogue avec le partenaire social dans l’objectif de trouver une issue aux dossiers qui sont en «hibernation».
Dans le même contexte, les praticiens de santé publique dénoncent le «désengagement» du président de la commission mixte MSPRH-SNPSP du suivi du règlement des différents cas d’entraves à l’exercice syndical, en citant des exemples de quelques praticiens dans différents établissements de santé. Le syndicat, en colère, brandit la menace de grève, appelant les présidents des bureaux régionaux des bureaux de wilayas et de bureaux locaux à tenir des réunions et des rencontres avec les adhérents afin de les informer sur l’état d’avancement de la plateforme de revendication nationale et des dossiers du syndicat et de les mobiliser sur un éventuel retour à la protestation. <