Le procès du militant politique Karim Tabbou, dans une deuxième affaire, vient d’être renvoyé au 6 avril prochain à la demande de son collectif d’avocats. Cette comparution de Tabbou au niveau du tribunal de Koléa aura lieu alors que l’accusé va retrouver sa liberté, ce jeudi, dans la première affaire traitée au parquet de Sidi M’hamed et qui a défrayé la chronique judiciaire pendant plusieurs semaines. L’ancien premier secrétaire du FFS et actuel coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS) en attente d’agrément administratif va quitter la prison de Koléa après avoir purgé sa peine de prison (1 an de prison dont 6 mois de sursis), selon le verdict du tribunal de Sidi M’hamed.
En clair, même si le militant politique sortira de prison dans deux jours, ce n’est pas pour autant la fin de ses démêlées avec l’appareil judiciaire puisqu’il va répondre à des chefs d’inculpation dans la deuxième affaire énonçant « la démoralisation des troupes de l’Armée », lors d’un discours qu’il avait prononcé à Kherrata à l’occasion de la célébration des évènements du 8 Mai 1945.
Le mis en cause a été arrêté le 12 septembre dernier. Le juge du tribunal de Koléa l’a remis en liberté provisoire le 25 du même mois, avant qu’il ne soit arrêté le lendemain 26 septembre. Des membres du collectif de défense considèrent que le fait d’intenter en justice un chef d’un parti politique dans deux affaires distinctes est un moyen de l’empêcher de faire des déclarations publiques et politiques. Avant que le Parquet de Koléa ne fixe une date pour le procès de Tabbou, le leader de l’UDS a lancé un appel, samedi dernier, aux citoyens auxquels il demande de ne pas faire le déplacement ce jeudi à la maison d’arrêt de Koléa, où il est incarcéré, et de respecter les mesures de prévention annoncées.
« Aujourd’hui, et contre votre volonté, nous faisons face à une situation particulière suite à l’apparition du mortel coronavirus. Les consignes strictes de distanciation sociale sont imposées pour limiter la propagation de cette pandémie», dit-il à partir de sa prison.
« C’est pourquoi je vous demande de respecter les consignes, de se préserver et de ne pas s’exposer aux risques de contamination », en insistant sur le devoir de chacun de « faire preuve de vigilance et d’esprit de responsabilité pour préserver notre santé et celle d’autrui ».
Par ailleurs, le procureur du tribunal de Sidi M’hamed a requis deux ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA contre le président de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Abdelouahab Fersaoui.
Le verdict sera prononcé le 6 avril prochain, ce qui contraint le président de RAJ à passer encore deux semaines en prison, lui, qui est déjà en détention provisoire depuis cinq mois pour « atteinte à l’intégrité du territoire national » et
« incitation à la violence ».
Le procès d’hier a failli ne pas se dérouler dans la mesure où le juge comptait le renvoyer n’était
l’insistance des avocats de Fersaoui qui ont insisté sur la comparution des détenus du mouvement populaire.<