Bien que les systèmes d’irrigation modernes, dont sont équipés  757 494 hectares sur les 1,300 million hectares irrigués recensés, contre 75 000 hectares en 2000, contribuent, actuellement, à une économie de l’eau de 57%, contre 21% en l’an 2000, des contraintes subsistent dans ce secteur. Des contraintes qui sont liées, selon le directeur adjoint de l’Institut national des sols, de l’irrigation et du drainage (Insid), Djamel Zareb, à la mauvaise qualité des équipements acquis par les agriculteurs (50% ne sont pas conformes) et à un manque de maîtrise. «Ce qui affecte l’efficience des systèmes d’irrigation et conduit à une mauvaise gestion des ressources en eau», prévient-il. Pour y remédier le secteur a mis en place un laboratoire de contrôle de qualité et des caractéristiques techniques des systèmes d’irrigation. «C’est un contrôle nécessaire si on veut relever le défi de la sécurité alimentaire qui dépend de la sécurité hydrique», affirme-t-il, assurant que l’utilisation des systèmes d’irrigation moderne sera généralisée. Les pouvoir publics ambitionnent d’atteindre, en 2020, 2 millions d’hectares de surfaces irriguées contre
1 330 700 hectares en 2018. «Ces superficies seront irriguées à 80% par la PMH (petites et moyennes hydrauliques), à savoir, des forages, puits et retenues collinaires, tandis que 20% seront irrigués en GPI (grands périmètres irrigués), alimentés à partir des barrages d’eau», explique le sous-directeur de la petite et moyenne hydraulique au ministère des Ressources en eau, Karim Lareg, qui souligne que 48 périmètres d’irrigation de 268 376 hectares sont recensés à ce jour. La surface irriguée, 1,3 million hectares, équivaut à 66% de l’objectif global, consomme actuellement, précise-t-il,
7 milliards de m3 d’eau contre
1 milliard de m3 en 2000. Le nombre de retenues collinaires qui soutiennent l’irrigation était de 514 à fin 2018 contre 304 en 2000, tandis que le secteur a recensé 238 340 forages et puits en 2018, alimentant une superficie de 1 089 636 hectares, contre 12 000 en l’an 2000 pour une superficie de 271 000 hectares. «Le ministère des Ressources en eau a mobilisé plus de 60% du volume des barrages vers l’agriculture. La priorité, dans l’extension des surfaces à irriguer est réservée aux cultures agricoles stratégiques. La culture céréalière est en tête de liste», fait savoir le sous-directeur du développement de l’irrigation au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Larbi Kious. Il est prévu, rappelle-t-il, l’irrigation de 600 000 hectares dédiés à la culture céréalière, pour un rendement escompté de
50 quintaux/h. «Au total, les
600 000 hectares produiront
3 millions de tonnes, soit le tiers de nos besoins. Ce qui est important en matière de sécurité alimentaire», conclut-t-il.