Par Hakim Ould Mohamed
La fin des déficits semble s’éloigner encore pour le système des retraites, dont l’équilibre est tributaire d’une moyenne de 5 cotisants pour un retraité. Il n’y a plus que 2,2 cotisants pour un retraité, actuellement, alors que les faillites en cascade et le chômage en hausse constituent des facteurs à risque pour la Caisse nationale des retraites (CNR) dont la trésorerie est entrée dans un déficit chronique depuis maintenant plusieurs années. La crise sanitaire et le ralentissement économique des années 2019-2020 ont contribué à la fragilisation du système national des retraites. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, El Hachemi Djaaboub, a confirmé, hier, un solde déficitaire de 590 milliards de dinars, alors que les prévisions de clôture de l’exercice actuel tablent sur un déficit de 690 milliards de dinars. Ces projections se révèlent nettement supérieures au déficit des deux précédents exercices. En 2020, le déficit de la Caisse nationale des retraites caracolait à plus de 640 milliards de dinars, alors que celui de 2019 était de l’ordre de 584 milliards de dinars. Hier, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne I de la Radio algérienne, le ministre du Travail a indiqué que la couverture du déficit prévu pour l’actuel exercice se fera grâce à la mobilisation des ressources du Fonds national d’investissement (FNI) qui, faute d’équilibre du système national de retraite et de disponibilités d’autres sources de financement, contribuait ces dernières années au renflouement de la CNR. El Hachemi Djaaboub a indiqué à la même occasion que l’équilibre de la CNR est tributaire d’une moyenne de 4 à 5 cotisants pour un seul retraité. Or, la dégradation sensible de la situation du marché du travail sous l’effet de la crise sanitaire et du déclin de l’activité économique fait que l’équilibre tant recherché de la trésorerie de la CNR ne serait pas pour demain. Pour le ministre, il faudra créer un million d’emplois pour pouvoir atteindre la moyenne de 4 à 5 cotisants pour un retraité. En termes plus clairs, l’équilibre du système national de retraite tient désormais à la création de 1 million d’emplois ou, au moins, 500 000 postes de travail dans une première phase. Pour que cette condition puisse être remplie, préalable au retour de la CNR à son équilibre rompu depuis 2013, l’économie nationale doit renouer avec une forte croissance, alors que les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une croissance de seulement 2,9% cette année avant que l’activité reprenne son mouvement baissier dès 2022 avec, au tableau, une croissance de 2,7%. Selon les économistes, l’économie nationale a besoin d’une croissance d’au moins 6% pour pouvoir absorber les milliers de demandeurs d’emplois qui arrivent sur le marché du travail. Le choc pandémique est passé par là pour détruire davantage d’emplois à l’heure où il faut en créer des centaines de milliers. Les capacités de l’économie algérienne à rebondir constituent un des facteurs contribuant à la résorption du chômage et, partant de là, du déficit du système des retraites. Seuls les secteurs économiques sont en mesure de contribuer désormais à offrir de nouvelles perspectives en matière d’emploi car, de l’avis du ministre du Travail, les possibilités d’embauche par la Fonction publique sont très limitées actuellement, pariant sur la croissance de l’économie et la reprise de l’activité dans les secteurs économiques à fort potentiel. n