Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) estime nécessaire de passer à une révision du volet lié à la formation des médecins.

Invité du forum du quotidien « le Courrier d’Algérie », le président de ce syndicat, Lyes Merabet, a émis des critiques sur la formation des compétences et son impact sur la qualité du système de santé.
« Les pouvoirs publics doivent agir dans le cadre d’une lecture précise des choses. Cela ne peut se faire qu’à travers la révision du volet formation des médecins », a-t-il déclaré à cette occasion.
Il faut préciser que M. Merabet ne met pas en cause seulement la formation initiale mais aussi la formation continue qu’il juge «insuffisante, anarchique et occasionnelle», au point, expliquera-t-il, où «nous nous retrouvons obligés de recourir au financement des laboratoires privés pour organiser des journées de formation».
Le conférencier a mis en valeur aussi le rôle que pourrait jouer la médecine familiale comme étant une nouvelle spécialité qui n’existe pas encore dans notre pays. « Un système de santé efficace s’appuie d’abord sur une médecine générale de qualité qui inclut une médecine familiale », a-t-il soutenu. Relevant que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait déjà annoncé le lancement, dès la prochaine année universitaire, d’une formation dans ce domaine, M. Merabet a souligné l’appel de son syndicat pour l’organisation d’assises nationales autour de ce sujet notamment pour « éviter l’influence des lobbies des spécialité qui ont peur que cette nouvelle spécialités puisse concurrencer celles qui existent déjà ».
Il a exprimé, à l’occasion de ce forum, le mécontentement des milliers d’adhérents à l’égard du statut actuel. « Il faut revoir ce statut pour actualiser les salaires et améliorer notre situation sociale. Nous sommes en évaluation des choses à travers des assemblés générales locales. Il y aura bientôt une réunion du bureau national ensuite on tiendra un conseil national extraordinaire fin janvier ou début février pour débattre de cette question et autres et discuter de l’action future », a-t-il annoncé. Abordant la maladie de la rougeole, il a affirmé qu’il ne s’agit pas d’une maladie sporadique, mais plutôt d’une épidémie. Le président du Syndicat autonome des praticiens de la santé publique s’est posé d’abord une première question sur le vaccin actuel utilisé pour prévenir contre cette maladie. « Avant une année et demie, le vaccin utilisé, le « Louvax », était en usage. Après, il y a eu l’utilisation d’un autre vaccin, ce qui constitue peut-être une piste à suivre pour expliquer ce qui se passe avec cette maladie », a-t-il indiqué. La deuxième question qu’il faut se poser, selon le même intervenant, concerne cet acte de donner l’alerte médicale face à l’apparition ou la propagation de la maladie. « Cette question de déclaration reste épineuse, car elle a coûté leur poste à pas mal de directeurs locaux de santé », a noté M. Merabet, selon qui « il y a même des walis qui agissent sans vouloir rien entendre sur l’apparition ou la propagation de la maladie dans leur wilaya ». Il a ajouté que « cela peut poser de vrais problèmes dans la mesure où la rougeole est une maladie contagieuse ».
M. Merabet a souligné, à ce propos, que, dans le temps, la première vaccination se faisait pour un bébé à l’âge de 6 mois avec un rappel à l’âge de 18 mois, alors qu’actuellement, la première vaccination se fait à l’âge de 11 mois. Le choix de 6 mois a été fait avant, du fait que le bébé est protégé durant les premiers six mois par une certaine immunité qu’il hérite de sa mère ». Et de conclure que le nouveau choix de 11 mois, qui constitue une norme internationale, « est appliqué par plusieurs pays mais elle ne constitue pas non plus une norme figée »