Alger et Moscou semblent sur la même longueur d’onde concernant un certain nombre de conflits dans le monde. Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a relevé, jeudi à Alger, une « convergence de vues » entre l’Algérie et la Russie sur un certain nombre de questions régionales et internationales, dont la lutte contre le terrorisme.
Messahel, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères russe, Seguei Lavrov, a relevé la concordance concernant « le phénomène de lutte contre le terrorisme et la concertation entre les deux pays dans ce domaine dans le cadre de nos stratégies respectives de lutte contre ce fléau, mais également de la stratégie de l’ONU en la matière ».
La visite du chef de la diplomatie russe à Alger, pour deux jours, aura permis un échange sur les situations de crises et de conflits, notamment en Syrie, en Libye, au Mali, au Sahel, au Sahara occidental, au Yémen ainsi que sur la question palestinienne. Des dossiers complexes à propos desquels l’Algérie et la Russie trouvent des terrains de convergence notamment sur les moyens de leur résolution.
A savoir le retour vers la légalité internationale et le respect de la souveraineté des pays. Pour Alger et Moscou, il reste inévitable de promouvoir des solutions politiques et de règlements pacifiques à ces crises, dans le cadre du « respect de la légalité internationale et des principes énoncés dans la Charte des Nations unies, notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, sans ingérence extérieure ». Cette visite de Lavrov à Alger une étape dans sa tournée maghrébine s’inscrit dans le cadre du dialogue politique régulier et la concertation permanente entre les deux pays. Un cadre instauré depuis la signature de la déclaration commune sur le Partenariat stratégique entre l’Algérie et la Russie en 2001.
« Respect de la souveraineté de la République arabe syrienne »
Lavrov a réitéré à l’occasion l’engagement de la Russie à contribuer à la résolution durable de la crise syrienne, dans le respect du droit international et sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. « La Russie et l’Algérie sont en faveur du règlement de la crise syrienne sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU et pour le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de la République arabe syrienne », a-t-il déclaré. Lavrov a souligné qu’il était « important de mener jusqu’au bout l’opération de lutte contre les terroristes qui restent dispersés sur le territoire syrien, mais aussi d’améliorer la situation au niveau militaire, favoriser le retour des réfugiés et intensifier le processus politique ». Rappelant les efforts de la Russie pour une « solution pacifique » au conflit syrien à travers les pourparlers de paix d’Astana, Lavrov a indiqué que la Russie est pleinement engagée dans le complexe dossier syrien. La Russie est intervenue dans ce pays qui a fait l’objet, depuis sept ans, d’une grande tentative de déstabilisation avec la participation de plusieurs acteurs régionaux et de puissances internationales. Lavrov s’est, par ailleurs, félicité des efforts de l’Algérie en faveur de la stabilité de la Libye et du Mali. Il a également appelé au respect des principes de la légalité internationale dans le conflit israélo-palestinien et au Sahara occidental. « Dans les deux cas, il faut agir dans le cadre du droit international et dans les respect des décisions de l’ONU et de son Conseil de sécurité, parce que des décisions sur ces deux conflits existent bel et bien », a-t-il noté.<