Hier, samedi, les autorités syriennes ont imposé un plafond pour les achats de certains produits de base subventionnés, comme le riz ou le sucre, au moment où le pays en guerre traverse une grave crise économique. La mesure intervient dans un pays où la précarité a progressé en raison du conflit, et qui connaît une forte inflation, y compris des prix de produits alimentaires de base, en raison d’une récente dépréciation de la livre syrienne. 
 Les autorités ont ainsi instauré un nouveau système de carte puce, utilisable dans les magasins gérés par le gouvernement où sont vendus les produits subventionnés. Cette carte introduit de nouvelles restrictions sur les quantités achetées. Les quantités dépendent de la taille de la famille, mais dans tous les cas, un plafond maximal mensuel a été fixé :
3 kg de riz, 4 kg de sucre et un kilo de thé, selon les instructions publiées par le ministère du Commerce intérieur sur sa page Facebook. 
Hier, samedi, jusqu’à la mi-journée, 6.841 familles ont utilisé leur carte pour des achats, a annoncé le ministère. Les autorités justifient l’instauration du système en assurant qu’il permet d’assurer « l’équité des subventions » et une « meilleure distribution ». Les subventions sont cruciales dans un pays où 83% de la population vit sous le seuil de la pauvreté, selon l’ONU.
L’introduction de la carte a fait craindre l’apparition de files d’attente, comme l’hiver dernier, devant les stations essence, ou pour les bonbonnes de gaz. Un même système de carte puce est utilisé pour réguler les quantités de carburant qui peuvent être achetées à des prix subventionnés, alors que le pays avait connu de graves pénuries. La guerre meurtrière qui ravage la Syrie depuis 2011 a détruit les infrastructures. Les autorités sont la cible de sanctions occidentales.
« Le gouvernement tente de garantir des subventions pour certaines denrées alimentaires, mais ce soutien n’est pas significatif pour le citoyen », déplore l’économiste Ammar Youssef. Il reconnaît toutefois « des difficultés indéniables » concernant « l’obtention de devises étrangères pour les importations » ou encore « les sanctions américaines et européennes qui touchent le gouvernement » et « impactent directement le citoyen ». La livre syrienne est récemment tombée à un plus bas historique sur le marché noir, se négociant face au dollar à un taux pratiquement trois fois plus élevé que le taux officiel de la Banque centrale.