Le général Joseph Votel, commandant des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, a effectué une visite, vendredi en Syrie, pour rencontrer des dirigeants des Forces démocratiques syriennes (FDS), selon le porte-parole de cette coalition soutenue par Washington.

Cette visite secrète du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) et ses contacts avec les FDS est une première sous l’administration du président Donald Trump, investi le 20 janvier. Le 6 novembre les FDS ont lancé une vaste offensive pour libérer Raqa (centre), le principal fief des djihadistes en Syrie, mais elles font du surplace depuis des semaines. Elles ont annoncé fin janvier avoir reçu pour la première fois des véhicules blindés américains, la nouvelle administration de Donald Trump leur promettant «plus de soutien» dans leur lutte contre l’organisation djihadiste. Le général Votel «a visité aujourd’hui des zones qui sont sous notre contrôle et rencontré plusieurs commandants des FDS», a indiqué le porte-parole des FDS, Talal Sello, dans un communiqué en ligne repris par les agences de presse. «Les résultats étaient positifs. Nous avons discuté des développements dans la campagne Colère de l’Euphrate et parlé de questions militaires», a-t-il précisé, en affirmant que «des armes lourdes (leur) ont été promises dans l’avenir». Il a décrit la réunion comme étant «la confirmation du soutien américain à nos forces». Selon une source des FDS, la visite a duré quatre heures. Selon un autre haut responsable des FDS s’exprimant sous couvert d’anonymat, «Votel a confirmé l’engagement de la coalition à protéger Manbij (une ville de la province d’Alep, nord) de toute attaque de la part de la Turquie ou de la part de troupes soutenues par la Turquie, dans le cadre de son engagement précédent à protéger cette zone». «Nous n’avons pas discuté de la question de l’ouverture de couloirs qui permettraient aux forces soutenues par la Turquie d’entrer dans les zones sous notre contrôle», a insisté cette source. Vendredi dernier, Le Pentagone n’avait pas encore réagi à ces affirmations. Le général Votel avait effectué une visite similaire en Syrie en mai 2016, durant laquelle il avait rencontré des commandants des FDS ainsi que des conseillers militaires américains opérant à leur côté. L’officier américain avait indiqué, mercredi, à des journalistes qui l’accompagnaient lors d’un déplacement au Moyen-Orient que davantage de troupes américaines pourrait être nécessaire en Syrie, même si l’accent serait mis sur les forces locales. «Je suis très préoccupé par le fait de conserver notre élan», a-t-il dit à plusieurs médias américains. «Il se peut que nous soyons obligés de prendre sur nous une charge plus importante».

Des négociations de paix laborieuses
A Genève, les pourparlers de paix, officiellement ouverts de jeudi dernier dans la soirée sous l’égide de l’ONU, ont été présentés comme une opportunité «historique» de mettre fin au conflit qui a fait en six ans plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés. Mais les belligérants ne se parlent toujours pas et les discussions entre l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura et les représentants du régime et de l’opposition s’enlisent déjà. Vendredi dernier, au deuxième jour des négociations, M. De Mistura a rencontré successivement les représentants du régime et de l’opposition, et devait poursuivre hier et aujourd’hui ses entretiens mais aucune question de procédure -et encore moins de fond- ne semblait réglée. «Ce sera un processus long et difficile», a répété avant-hier Michael Contet, assistant de M. de Mistura, lors d’un point de presse. La question de savoir si les négociations se feraient en face à face, un format souhaité par l’ONU, n’est pas encore tranchée, a-t-il admis, évoquant des «difficultés». Le médiateur de l’ONU a remis à chaque délégation un «papier», qui, selon des sources proches des négociations, mentionne les trois thèmes sur lesquels l’ONU veut engager les discussions: gouvernance, Constitution et élections. Mais la gouvernance du pays pendant une période de transition est loin d’avoir le même sens pour Damas et ses alliés russe et iranien d’un côté, pour l’opposition de l’autre. Les premiers veulent que le président syrien Bachar al-Assad reste aux manettes jusqu’à ce que le «peuple» décide de son sort par les urnes. Les seconds réclament un «organe de transition ayant tous les pouvoirs exécutifs» tel qu’il avait été prévu dans un texte international de 2012 (Communiqué de Genève), et qui selon eux écarte Assad du pouvoir.