L’objectif de Damas de reprendre le contrôle de la Ghouta orientale est en passe d’être atteint et pourrait marquer un nouveau tournant majeur dans le conflit syrien depuis ses débuts en 2011. 

Hier, dimanche, les hommes armés du groupe Jaïch al-Islam ont accepté d’évacuer la dernière poche qu’ils tenaient dans cette zone, située aux portes de Damas et considérée comme un ancien bastion de la rébellion anti-régime. Ce groupe salafiste, anciennement appelé Liwa al-Islam, est l’un des derniers à évacuer cette partie de l’arrière-pays damascène et à abandonner ses positions. Selon l’Observatoire des droits de l’Homme (OSDH), plus de 45 000 personnes, dont environ un quart de combattants d’après la même source, ont gagné ces dix derniers jours la province d’Idleb dans le nord-ouest du pays encore sous contrôle des groupes rebelles. L’Observatoire, qui est considéré comme une organisation d’opposition au régime de Bachar al-Assad, affirmait hier qu’«un accord final a été trouvé entre Jaich al-Islam et la Russie». «La police militaire russe va entrer dans la ville», a-t-il  indiqué. Le quotidien syrien pro régime Al-Watan, qui a cité des «sources diplomatiques»,  a écrit hier qu’un accord avait été trouvé, prévoyant l’abandon par les rebelles de leur artillerie lourde avant qu’ils ne quittent Douma «vers des régions dans le nord de la Syrie».  Par ailleurs des évacuations sont déjà en cours à Douma. Elles concernent des centaines de civils, notamment des blessés, mais aussi des familles de combattants rebelles rattachés à une autre faction islamiste armée, Faylaq al-Rahmane, se trouvant dans cette enclave contrôlée par Jaich al-Islam, ont rapporté hier les agences de presse. La chute de la Ghouta, à la suite de bombardements intenses et de combats au sol qui ont dévasté la zone, est une des pires défaites pour les rebelles dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.
«La victoire dans la Ghouta est un clou dans le cercueil des terroristes», a d’ailleurs déclaré, avant-hier samedi à la télévision d’Etat, un officier de l’armée syrienne déployée dans cette région, qui fut une des premières à se mobiliser dans les manifestations réclamant des réformes au régime en 2011.
À propos du dossier syrien, le  pape François a lancé un appel, dimanche, dans son traditionnel message de Pâques, pour que cesse «l’extermination en cours» en Syrie et prôné «la réconciliation en Terre sainte», théâtre vendredi d’affrontements meurtriers.  Le souverain pontife a appelé «tous les responsables politiques et militaires» à «mettre un terme immédiatement à l’extermination en cours», plaidant aussi pour le respect du «droit humanitaire» et un accès à l’aide humanitaire.