Moscou regrette que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait pas adopté la résolution de la Russie et de la Chine sur un cessez-le-feu à Idleb en raison des pressions exercées par les Etats-Unis sur certains de ses membres. Les Etats-Unis ont fait pression sur les membres du Conseil de sécurité de l’ONU dans le but de conduire à une impasse la discussion d’un projet de cessez-le-feu à Idleb. C’est ce qu’a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors de son briefing hebdomadaire. Elle a souligné que le 19 septembre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, les représentants de la Belgique, de l’Allemagne et du Koweït, sous pression des Etats-Unis, ont mis aux voix leur projet de résolution qui appelle à suspendre toute opération militaire dans la zone de désescalade d’Idleb en Syrie, ce qui placerait automatiquement à l’écart des frappes les organisations terroristes agissant actuellement à Idleb et «très généreusement» alimentées de l’étranger. Selon la porte-parole de la diplomatie russe, un certain nombre de ces organisations ont été officiellement considérées comme terroristes par décision du Conseil de sécurité des Nations unies, pourtant cela n’a pas arrêté les auteurs du projet. « La Russie et la Chine ont présenté un projet alternatif de résolution de cessez-le-feu qui entrerait en vigueur le 20 septembre à partir de minuit, mais ne s’appliquerait pas aux opérations militaires antiterroristes. Il n’a pas été soutenu, malheureusement », a-t-elle poursuivi. Les modifications ont été ignorées, les auteurs ne voulant pas continuer à chercher les formulations consensuelles, et, autant que nous le comprenons, sous la pression de Washington, ils ont forcé la mise aux voix du projet. Elle a également expliqué que le projet de résolution des trois co-auteurs, à savoir la Belgique, le Koweït et l’Allemagne, sur lequel la Russie et la Chine ont mis leur veto, aurait servi de base à des accusations sans fondement contre les autorités syriennes et les militaires russes. Ce projet de résolution aurait aussi bloqué la possibilité de mener des actions de représailles. « Au cours des travaux sur le projet, la délégation russe a proposé des modifications constructives. Elles visaient à garantir que le cessez-le-feu ne concerne pas les opérations antiterroristes, toutefois, les modifications ont été ignorées, les auteurs ne voulant pas continuer à chercher les formulations consensuelles, et, autant que nous le comprenons, sous la pression de Washington, ils ont forcé la mise aux voix du projet. Nous avons également des informations précises selon lesquelles les représentants des Etats-Unis ont fait pression sur les membres du Conseil de sécurité pour que le processus d’adoption de la résolution aboutisse à une impasse et ne suive pas le cours constructif de la discussion», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe. Elle a également noté que Moscou continuerait à contribuer au rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie, au retour du pays à une vie pacifique et à la victoire sur le terrorisme.
 
L’émissaire de l’Onu à Damas
L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, est arrivé dimanche à Damas pour s’entretenir avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, sur la formation d’un comité constitutionnel pour relancer le processus politique dans ce pays en guerre depuis 2011. La création de ce comité, qui traine depuis des mois, a longtemps achoppé sur des divergences entre Damas et l’ONU concernant la nomination d’une partie de ses membres. Mercredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait fait part d’un «accord» entre toutes les parties concernées sur la composition du comité constitutionnel. Prévu par la résolution 2 254 du Conseil de sécurité qui appelle à un cessez-le-feu et à une transition politique en Syrie, ce comité, chargé de la rédaction d’une nouvelle constitution, doit comprendre 150 personnes, dont 50 choisies par Damas, 50 par l’opposition et 50 par l’ONU. L’ONU et Damas ont bataillé pendant très longtemps sur certains noms de cette dernière liste. Outre la composition du Comité, l’ONU, l’opposition et Damas doivent aussi se mettre d’accord sur les procédures de fonctionnement de cette instance et sa hiérarchie. Selon le quotidien syrien Al-Watan, une annonce officielle de Pedersen pourrait intervenir à l’occasion d’une «réunion du Conseil de sécurité attendue le 30 septembre». Damas appuyé par Moscou, a repris ces dernières années aux rebelles et aux djihadistes le contrôle de près de 60% du territoire syrien. Depuis le déclenchement du conflit syrien en mars 2011, quatre émissaires de l’ONU se sont déjà succédé. Les prédécesseurs de Pedersen n’ont pas réussi à trouver une issue à cette guerre qui s’est complexifiée au fil des ans et a fait plus de 370 000 morts ainsi que des millions de réfugiés et déplacés.