Dix jours après avoir répondu aux demandes de renseignements, selon un modèle publié sur le site officiel du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, sur leur représentativité, de nombreux syndicats ont décidé de faire la sourde oreille ou de ne pas se conformer au nouveau canevas d’information.

Ils campent sur leurs positions en estimant que «demander des informations sur la représentativité syndicale ne fait pas partie des prérogatives du ministre du Travail». C’est le cas du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), qui a tout simplement ignoré la demande du ministre du Travail, M. Zemali. «Le ministre du Travail n’a pas à demander des informations sur la représentativité syndicale. Nous n’avons pas à communiquer à son département des informations personnelles sur nos adhérents, y compris leurs numéros de sécurité sociale, qu’il a demandé dans son nouveau canevas d’information, cela est anticonstitutionnel. Un syndicat ne divulgue ce genre d’information qu’à son employeur, pour que ce dernier puisse calculer la subvention allouée au syndicat, de 200 DA pour chaque adhérent», a fait savoir Idir Achour du CLA, ajoutant qu’«en exigeant des syndicats de se conformer à son nouveau canevas d’informations, le ministre du Travail espère par cette action avoir le contrôle sur l’action syndicale. Mais il a oublié que, légalement, il n’a aucun droit sur nous». De son côté, le Satef, qui fait partie des treize syndicats ayant répondu sans respecter le canevas d’information, a estimé que le département de M. Zemali est allé trop loin en demandant des informations personnelles qu’il n’a pas le droit d’avoir. «Les syndicalistes n’ont pas à divulguer leur numéro de Sécurité sociale, cela est illégal ! Un syndicat malgache avait déposé plainte contre son gouvernement car il lui avait exigé la même chose et il a obtenu gain de cause ! Nous ne sommes pas obligés de donner tous les détails au ministère du Travail qui n’est pas notre employeur, d’autant plus que sa requête est exagérée», a déclaré Nabil Ferguenis du Satef. Refusant de se conformer à la demande du ministre du Travail, le Satef et le CLA, tous deux affiliés au secteur de l’Education, comptent se réunir très prochainement – avant le mois de Ramadhan – dans le cadre de l’Intersyndicale dont ils font partie, pour débattre des dernières données relatives à l’action syndicale, mais aussi de la meilleure manière de la relancer, surtout face aux pressions qu’ils subissent.