Plusieurs secteurs ont été paralysés, hier, pour la deuxième journée consécutive. Les protestataires affichent leur satisfécit par rapport à la mobilisation des fonctionnaires. Comme au premier jour du débrayage, le taux d’adhésion au mot d’ordre est jugé «satisfaisant».

PAR MILINA KOUACI
Le débrayage a connu, selon ses initiateurs, une «participation importante» sur tout le territoire national. L’adhésion au mot d’ordre, expliquent-ils, varie d’une wilaya à l’autre et d’un établissement à l’autre. «Nous avons des wilayas où les établissements scolaires ont fermé. Il y a eu également une adhésion conséquente du corps médical (biologiste et praticiens) et des fonctionnaires des impôts», dit Zoubir Rouina, secrétaire général du CLA.
Dans tous les cas, une réunion d’évaluation de la grève de deux jours, à laquelle ont appelé 28 syndicats des différents secteurs de la Fonction publique, devrait se tenir au cours de la semaine prochaine. Les organisations syndicales discuteront des actions à entreprendre en cas de refus du gouvernement de satisfaire leurs revendications.
Cette grève a été décidée pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur le malaise social qui prévaut chez les travailleurs en raison de la dégradation importante du pouvoir d’achat. «Cette grève est une réaction au décret présidentiel 22-138, qui a prévu une augmentation de 50 points indiciaires», dit Khaled Keddad, président du Syndicat national des psychologues (Snapsy), qui exige une révision salariale pour les travailleurs de la Fonction publique, qui sont près de trois millions.
Ce dernier estime que le président de la République, qui a annoncé des augmentations de salaires au début de janvier 2023, a reconnu que leurs revendications sont «légitimes». Khaled Keddad insiste sur la légitimité des revendications portées par les syndicats de la Fonction publique.
La décision de grève a été prise suite à la grave détérioration du pouvoir d’achat, conséquence de la flambée des prix des produits de large consommation. Pour les signataires de l’appel à la grève, les dernières décisions du gouvernement relatives à la réduction de l’IRG et la nouvelle grille indiciaire des salaires, n’ont eu aucun impact positif sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Ils réclament, par ailleurs, l’augmentation de la valeur du point indiciaire à 100 DA (actuellement fixé à 45 DA), la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat, la révision du dossier des primes et l’actualisation de la prime de zone sur la base du régime de rémunération de 1989.
Ces syndicats n’écartent pas, d’ailleurs, la possibilité d’aller vers d’autres actions «plus radicales», si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Pour rappel, le ministère du Travail a déclaré ce débrayage illégal, considérant que la Confédération des syndicats algériens (CSA) et les Syndicats algériens du secteur de la Fonction publique (SASFP) sont les deux organisations ayant appelé à ce mouvement de grève et ne constituent pas des organisations syndicales reconnues au sens des dispositions de la loi n°90-14 qui régit les relations de travail et les modalités d’exercice syndical. Cependant, les syndicats ont maintenu le cap tout en expliquant qu’ils n’ont pas agi sous la coupe de la CSA ou de la SASFP qui n’existe pas. Ils se sont mis d’accord pour faire une action commune car l’amélioration du pouvoir d’achat est une revendication qui concerne l’ensemble des fonctionnaires. n