La résolution des conflits socio-économiques et la non-radicalisation des positions doivent passer par un dialogue serein, permanent et acté, selon le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), le Pr. Rachid Belhadj.

Par Fazil Asmar
Toutefois, a-t-il précisé hier, lors de son passage à la Chaîne III, un dialogue serein exige de la franchise de la part des décideurs. «Que le président de la République ordonne l’ouverture du dialogue avec les partenaires sociaux, c’est, pour nous, une première et un acquis important. C’est même une grande considération pour les syndicats autonomes. Seulement, se dire la vérité est une condition sans laquelle le dialogue ne pourra pas aboutir», dit-il.
Le dialogue, soutient-il, doit être franc, direct, loin des manœuvres injustes, et contribuer à instaurer un climat de confiance. Tout ce que demandent les syndicats, selon lui, c’est d’être écoutés et consultés lors de l’élaboration des réformes. «Dans les tripartites, les syndicats n’étaient pas réellement écoutés et le ‘’tout va bien’’ dominait. Cela doit changer, car un dialogue constructif sera profitable aux travailleurs mais aussi aux citoyens, et contribuera à améliorer les prestations de santé», assure-t-il, notant qu’aujourd’hui, ni les professionnels, ni les usagers, ni les pouvoirs publics ne sont satisfaits. L’insatisfaction des uns et des autres, cependant, dit-il, n’est pas une raison pour aller vers le chaos et des mouvements de grève «sauvages». «La grève n’est à observer que si le dialogue n’apporte rien en se limitant à de simples promesses et que les syndicats ont l’impression de tourner en rond. Nous avons des obligations envers nos adhérents et si le dialogue n’aboutit pas, nous allons vers la grève si c’est la seule option de nous faire entendre», souligne-t-il, prônant néanmoins l’apaisement en cette période de crise que traverse le pays.
Ouvrir un dialogue avec les partenaires sociaux, fait-il savoir, c’est trouver des solutions réelles à des problèmes réels pour mettre fin aux effets néfastes du système de la santé notamment qui est défaillant, tels que le départ des compétences à l’étranger, le gaspillage du Trésor public dans des projets qui n’ont jamais vu le jour, le chômage… «Il est important d’avoir un dialogue permanent quand un secteur est marqué par le passage de plusieurs ministres, celui de la santé par exemple. Qui dit nouveau ministre, dit nouveau dialogue et nouveaux engagements. Résultat des courses, nous avons l’impression de faire du sur-place. Même les acquis qu’on a pu obtenir grâce à un dialogue continu ont pris des années ! Des choses ont été faites, mais beaucoup restent à faire», confia-t-il, affirmant que les syndicats ont une obligation morale de changer le système sanitaire en Algérie. Les partenaires sociaux, pour lui, ne doivent pas se contenter de revendiquer la révision des statuts particuliers dans la santé et dans l’éducation, mais la révision également de la politique sociale à outrance, l’encouragement du secteur privé et même la gratuité des soins qui doit être destinée uniquement aux nécessiteux. «Nous sommes pour le dialogue, la concertation, pour la persévérance surtout en ce moment de crise. Mais notre dignité est au-dessus de tout. Nous sommes en train de réfléchir pour réunir tous les syndicats de la santé dans une fédération afin de pouvoir défendre les intérêts des travailleurs dans une action et une vision communes», signale-t-il. n