Le Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP) a annoncé deux premiers cas d’atteinte confirmés du coronavirus. Il s’agit, selon le président du SABSP, Abdessalam Oumoussa, de deux professionnels exerçant au CHU de Beni Messous à Alger. Selon lui, les biologistes sont «particulièrement exposés» au danger de la contamination, car ils sont pratiquement dans tous les laboratoires de dépistage du Covid-19 et autres laboratoires d’analyses ordinaires.
«Les biologistes font partie du corps sanitaire mobilisé en première ligne. Dans les laboratoires d’analyses, ce sont des acteurs majeurs dans la stratégie de dépistage massif et les plus exposés avec les praticiens au risque de contamination du coronavirus», indique le président du Syndicat algérien des biologistes de santé publique(SABSP). Abdessalam Oumoussa explique que les biologistes sont confrontés quotidiennement en temps normal au danger qui décuple en temps de crise sanitaire.
Toutefois, Oumoussa indique que l’épidémie du coronavirus est «sous contrôle», mais cela exige toutefois de rester «vigilant», notamment par rapport aux porteurs sains, infectés mais sans présenter de signes cliniques. «Les personnes asymptomatiques sont susceptibles dans l’ignorance de cet état de contaminer leur entourage», soulignant que «le nombre de porteurs sains ne représentant aucun signe de la Sras-cov2 est plus important que les cas positifs», estime Abdessalam Oumoussa.
Le syndicaliste fait savoir que le manque de moyens de protections persiste. Cette problématique est soulevée par le corps médical, paramédical et aujourd’hui par les biologistes. «On a droit à une bavette d’une durée de vie de trois heures mais qu’on utilise le long de la journée», ajoute M. Oumoussa. Il dit également qu’il existe un manque aigu en sur-blouses. «Des biologistes sont en colère, mais cela est dû à la stratégie des autorités compétentes qui dispensent ces moyens de protection par priorité, en commençant, en particulier, par les wilayas les plus touchées, à savoir Blida et Alger».
Nonobstant, il indique pouvoir faire face à l’épidémie avec les moyens dont dispose le corps des biologistes. «Avec les moyens dont on dispose et avec la prise de conscience des citoyens, on pourra dépasser cette crise sanitaire».
S’agissant de la prime exceptionnelle décidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au profit des personnels de santé publique, le corps des biologistes se dit «étonné et consterné» de leur exclusion de cette prime.
Oumoussa rappelle avoir adressé une requête à la tutelle pour inclure le corps des biologistes dans le corps sanitaire bénéficiant de cette prime, «mais sans qu’il y ait un retour», dénonce le syndicaliste, sachant que le ministère a adressé une directive aux DSP pour leur communiquer une liste du personnel médical, paramédical et administratif des structures de santé mobilisé contre le coronavirus.