Par Sihem Bounabi
Le Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP) aspire à la reprise des discussions avec le nouveau ministre de la Santé Abdelhak Saihi, après deux années marquées par une rupture de dialogue.
Le président du SABSP, Dr Youcef Boudjellal, confie à ce sujet que «les relations avec le ministère de la Santé ont été très difficiles ces deux dernière années, après la rupture du dialogue et le manque de considération pour les revendications et les besoins de la majorité des syndicats de la santé publique et des partenaires sociaux».
Une situation dénoncée à plusieurs reprise par le SABSP d’autant que les différents courriers officiels adressés au précédent ministre de la Santé ainsi que les multiples demandes d’audience sont toujours restés sans réponse, souligne Dr Youcef Boudjelal, estimant que «le dialogue avec les partenaires sociaux n’était pas prioritaire pour le précédent ministre de la Santé».
Néanmoins, Youcef Boudjellal est optimiste quant à la reprise d’un véritable dialogue avec la tutelle : «On espère avec le nouveau ministre Abdelhak Saihi une nette amélioration du dialogue avec les syndicats et partenaires sociaux d’autant qu’il a une expérience en tant Secrétaire général du ministère de la Santé. Il connaît très bien le secteur et surtout la spécificité de ses différents corps.»
Pour le président du SABSP, c’est un aspect très important à maîtriser de la part des responsables du secteur de la santé sachant qu’auparavant, il n’existait que trois corps, en l’occurrence administrateur, médical et paramédical.
Depuis 2011, il existe désormais treize corps, dont «les spécificités ne sont pas encore maîtrisées par de nombreux responsables de la santé à différentes échelles». Il enchaîne que «ce qui est rassurant avec le nouveau ministre de la Santé et en tant qu’ancien directeur de l’Ecole nationale du management de la santé (ENMS), il connaît très bien les besoins et la spécificité de chaque corps du secteur de la santé». Pour «un réel changement et une amélioration du secteur de la santé, la priorité devrait être accordée à la reprise du dialogue avec les partenaires sociaux».
Concernant les revendications du SABSP, les principaux dossiers sont le nouveau statut des biologistes de la santé, qui est toujours à l’étude au niveau de la Fonction publique et dont la validation permettrait une nette amélioration de leur situation socioprofessionnelle. Il énumère aussi les problématiques de la régulation des docteurs d’Etat en biologie nouvellement intégrée par la direction de la Fonction publique dans le secteur de la santé, la régularition des problèmes des attachés de laboratoire, ainsi que la demande de création d’une fonction publique hospitalière portée par la plupart des syndicats de la santé.
Il appelle également à trouver des solutions pérennes aux entraves et pressions administratives que subissent de nombreux représentants syndicaux de la santé dans plusieurs wilayas.
Par ailleurs, le président du SABSP a soulevé la problématique actuelle des fortes tensions et même une pénurie de plusieurs réactifs dans les laboratoires de la santé publique. Il précise à ce sujet qu’«actuellement, il y a une pénurie de plusieurs réactifs nécessaires aux bilans d’urgence comme les bandelettes, les réactifs de groupage, les réactifs des bilans inflammatoires et infectieux ainsi que ceux nécessaires à la sérologie».
Il explique que même s’il existe une production nationale «elle est pour le moment insuffisante en termes de quantité et même parfois en termes de qualité pour répondre à la demande actuelle et couvrir tous les besoins des laboratoires d’analyses médicales au niveau national».
Dr Youcef Boudjellal espère que face à cette situation de plus en plus critique pour le bon fonctionnement des laboratoires publics, surtout pour les bilans d’urgence, «la nomination d’Ali Aoun en tant que ministre de l’Industrie pharmaceutique, qui était PDG de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), et donc connaît très bien les besoins et les points faibles du stock national des produits des laboratoires d’analyses médicales du secteur public, changera la donne». Cette pénurie de réactifs «se fait de plus en plus pesante, on est vraiment dans une période critique et on espère une intervention rapide du ministre ou des autorités concernées».
Il tient à souligner que «les réactifs étant classés comme dispositifs médicaux et afin d’anticiper ce genre de situation critique, parmi nos revendications nous avons demandé l’intégration des biologistes au ministère de l’Industrie pharmaceutique, où pour le moment il n’y a pas de spécialistes ou d’experts alors qu’ils maîtrisent les besoins réels des laboratoires d’analyses médicales au niveau national». <