C’est une cérémonie pour faire taire les rumeurs au sujet de l’état de santé du patron de la centrale syndicale dont certains, sur les réseaux sociaux, ont même donné pour mort.

Le 21e anniversaire de l’assassinat d’Abdelhak Benhamouda, l’ancien patron de l’UGTA et figure emblématique de la résistance face au terrorisme, aura été une occasion pour les retrouvailles et pour les mises au point également.

Dans une ambiance bon enfant où l’on avait parfois l’impression d’être dans un stade, avec toutes ces banderoles déployées et tous ces drapeaux qui flottaient, et ces chants qui fusaient de partout, l’esplanade de la Maison du peuple s’est avérée exiguë pour contenir tout ce monde, dont la plupart était en tenue de travail, arborant des gilets phosphorescents, auquel il faudrait ajouter les personnalités invitées, à leur tête les ministres de la Communication, des Transport, du Travail, ainsi que le patron du FLN, Djamel Ould Abbès, le représentant du RND, Seddik Chihab et un représentant du patronat. Cette esplanade qui fut, un certain 28 janvier 2007, le théâtre de l’assassinat d’Abdelhak Benhamouda, au moment où le terrorisme avait atteint son summum. Abdelmadjid Sidi Saïd était bel et bien là, et pour bien faire taire les rumeurs, il a passé une demi-heure à faire le tour de l’esplanade pour saluer tout ce beau monde venu prouver que l’UGTA dispose encore d’une base assez large. «Je ne sais pas qui a lancé cette rumeur, ni pourquoi. Je vais bien, comme vous le voyez», a-t-il précisé aux journalistes qui le sollicitaient. Le patron de la Centrale syndicale a saisi l’occasion pour revenir sur la fameuse directive présidentielle, affirmant qu’en matière de privatisations, «le président de la République a mis les point sur les “i”», tout en précisant que le partenariat public-privé était «une nouvelle culture entre le gouvernement, le syndicat et le patronat, précisant que ce partenariat est tout à l’honneur du président Bouteflika». Pour le patron de l’UGTA, «ce partenariat est susceptible de donner un nouvel essor à l’économie nationale, car ce qui intéresse les pouvoirs publics et toutes les franges de la société, c’est la création d’emplois pour les jeunes et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens». Commentant l’ébullition du front social, il a estimé que «le dialogue demeure la seule voie de règlement des conflits sociaux», précisant que «les travailleurs algériens sont conscients et ne permettront pas que leurs protestations soient exploitées à des fins politiques». Enfin, concernant la commémoration de l’assassinat d’Abdelhak Benhamouda, Abdelmadjid Sidi Saïd dira : «Nous nous inclinons aujourd’hui à la mémoire du martyr Abdelhak Benhamouda qui avait un sens profond et fort du militantisme pour la défense des constantes de la République». Tout en rendant hommage à tous ceux qui se sont sacrifiés «pour que l’Algérie soit forte par ses différentes composantes culturelles et identitaires», appelant à la préservation de «la souveraineté du pays». Amar Takedjout, secrétaire national de la wilaya d’Alger, a estimé pour sa part que la commémoration concerne «un drame des années 1990» et rappelé les assassinats ayant ciblé les syndicalistes, les journalistes, les intellectuels, durant cette décennie. Après avoir rappelé le parcours du défunt, l’orateur insistera sur sa constante position concernant le choix entre le devenir des travailleurs et celui du pays, affirmant que «notre combat ne sera complet que si on garantit l’unité et la stabilité du pays. C’est pour cela que s’est sacrifié Benhamouda», a-t-il dit, tout en appelant à «renforcer la cohésion et préserver la souveraineté de notre pays».