La Confédération des syndicats algériens (CSA) est revenue au-devant de la scène syndicale et politique avec une déclaration critique de l’action gouvernementale. Sa nouvelle sortie est un communiqué rendu public après une réunion, tenue le 5 septembre dernier, pour faire un bilan de conjoncture et dégager un horizon pour les actions que ses membres comptent entreprendre prochainement sans donner de date précise.

Il s’agit précisément d’une initiative à travers laquelle la CSA compte marquer sa rentrée après des mois d’éclipse en raison d’une situation sanitaire exceptionnelle, relève-t-elle dans son communiqué. «Nous sommes à quelques jours d’une rentrée sociale particulière, marquée par une situation socioprofessionnelle confuse compliquée davantage par l’épidémie de coronavirus», déclare la Confédération. Si elle affirme comprendre le contexte d’urgence dans lequel vit le pays, elle considère toutefois que ce n’est pas l’occasion pour l’Exécutif d’accentuer les «restrictions» sur le champ syndical.
En fait, la critique de la Confédération porte sur deux volets, le premier purement syndical concerne la situation socioéconomique actuelle, le second, moins important, mais mis en exergue dès le début du document, se rapporte au volet politique. Les syndicats membres y dénoncent une pression sur l’action syndicale et sur les «libertés» en général. La CSA s’interroge en premier lieu sur les «atermoiements» du ministère du Travail à lui accorder l’agrément qu’elle a demandé depuis sa constitution en décembre 2018. Elle déplore l’ensemble des «injustices sociales et fiscales» qui pèsent, selon elle, sur le salariat et appelle entre autres à une «réelle suppression de l’IRG sur les revenus inférieur ou égal à 30 000 dinars. «La hausse du SNMG de 2 000 dinars et l’exonération de l’IRG sur les salaires de moins de 30 000 dinars ne sont pas suffisantes, car elles ne correspondent pas au niveau d’inflation et de dévaluation du dinar», indique la Confédération dans son communiqué.
La CSA, qui a récemment appelé à la création d’un observatoire national du pouvoir d’achat, insiste sur la nécessité de «revoir le système fiscal national afin de rendre justice à tous les travailleurs». Elle appelle à «maintenir» la retraite proportionnelle qu’elle considère comme un acquis à préserver. Pour les syndicats constituant la CSA, «il ne peut y avoir d’autre alternative à la crise économique et sanitaire que celle du dialogue sérieux, car la situation actuelle implique de conjuguer nos efforts pour surmonter les défis et dangers qui nous guettent». Ils n’écartent pas la possibilité de recourir aux actions de grève pour faire valoir leurs revendications. n