Après des mois d’accalmie, le front social multiplie, depuis quelques jours, des signaux de réveil. Avec lui, le champ syndical, dont l’activité s’est considérablement réduite depuis le début de la crise sanitaire, semble, lui, connaître un regain d’animation.

C’est, en tout cas, ce que l’on est encouragé à comprendre au vu de l’actualité nationale et l’initiative des treize organisations de la Fonction publique de se réunir, jeudi 28 janvier, pour un état des lieux socioprofessionnel. Ces syndicats autonomes engagés dans le projet, non encore agréé, d’une Confédération des syndicats autonomes (CSA), ont fait coup double. D’une part, ils ont relancé leur demande d’approbation officielle de leur coalition syndicale par le gouvernement, un dossier mis en instance depuis deux années par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, et d’autre part, ils ont lancé leur appel à d’autres groupes de syndicats de rejoindre leur union et renforcer le champ syndical autonome.
Les arguments de ralliement qu’ils vont faire valoir, notamment à la lecture du communiqué de leur réunion, publié le 1er février 2021, sont de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une pression et une marque «d’étouffement» des libertés syndicales, en raison du retard non encore expliqué de l’agrément qu’ils attendent pour agir au titre de la confédération qu’ils ont créée en novembre 2018.
Ils consistent aussi à s’élever contre la décision du gouvernement et de la Caisse nationale des retraites d’enterrer le régime des retraites proportionnelles sans condition d’âge, une décision qu’ils considèrent comme «injuste» et une «atteinte» aux droits des salariés. Et pour laquelle ils n’hésitent pas à éperonner les syndicats qui l’approuvent, notamment la centrale UGTA qui fait à nouveau la cible de critiques acerbes pour ses positions «ambiguës» à ce sujet.
Autre raisonnement des membres de la CSA, la revendication de la «transparence» dans la gestion de la Caisse des retraites et la demande adressée à ses dirigeants, non seulement de publier tous les chiffres qui concernent sa situation financière et autre trésorerie, mais de s’assurer que les seuls bénéficiaires de ses services demeurent les «assurés seuls».
Dans le même sillage, ces syndicats lancent une alerte sur la «dégradation du pouvoir d’achat» et mettent le gouvernement devant ses responsabilités «d’ouvrir le dialogue» avec les acteurs et les partenaires du champ social et syndical, et, en ce qui concerne les salaires, de relever le point indiciaire à 90 dinars.
Dans une déclaration à Reporters, le président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) a considéré que la réunion des syndicats membres de la CSA, jeudi 28 janvier au siège de l’Unep, est un «rappel des urgences» auxquelles fait face la société actuellement. Boualem Amoura, qui informe du projet de la CSA d’accélérer sa structuration en attendant sa reconnaissance officielle, a souhaité que toute l’attention de l’Exécutif soit portée sur l’érosion «vertigineuse» du pouvoir d’achat des Algériens, en particulier les «couches défavorisées». «Alors que les salaires n’ont pas bougé depuis 2012, on assiste à une flambée incompréhensible des prix à la consommation», a-t-il ajouté, craignant des dérives aux «coûts sociaux exorbitants». n