par un sujet qui lui est étranger »Le président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall, a affirmé dimanche soir à Addis-Abeba que l’Afrique ne devait pas être divisée par une question qui «lui est étrangère» pour expliquer la décision de suspendre le projet d’octroi de statut d’observateur au sein de l’Union africaine à l’entité sioniste. «Nous avions estimé que l’Afrique ne doit pas être divisée par un sujet qui lui est étranger», a affirmé le président sénégalais lors d’une conférence de presse animée au terme des travaux du 35e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA. Expliquant la suspension de la décision du président de la Commission africaine, Moussa Faki, d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur au sein de l’organisation panafricaine, M.Sall a indiqué que cette question a été débattue «en toute transparence». «C’est un sujet qui divise et les pays membres ont des positions différentes», a-t-il dit, en réponse à une question d’une journaliste.
Le Sommet de l’UA, réuni dimanche à Addis-Abeba, avait suspendu la décision du président de la Commission africaine, Moussa Faki, d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur et mis en place un comité de sept Chefs d’Etat comprenant l’Algérie pour formuler une recommandation au Sommet de l’UA sur cette question. La décision adoptée par consensus par le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA prévoit la suspension de la décision prise par le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, d’octroyer le 22 juillet dernier le statut d’observateur à l’entité sioniste au sein de l’UA. La décision prévoit aussi la création d’un Comité de sept Chefs d’Etat africains pour formuler une recommandation au Sommet de l’UA qui demeure saisi de la question. Il sera composé du Président sénégalais Macky Sall, en sa qualité de Président en exercice de l’UA, du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, ainsi que des présidents sud-africain Cyril Ramaphosa, rwandais Paul Kagame, nigérian Muhamadu Bouhari, camerounais Paul Biya et du président de la RDCongo Felix Tshisekedi. Le Président Macky Sall prendra l’initiative pour le lancement des travaux de ce Comité.

Urgence de faire la paix et lutter contre le terrorisme
Macky Sall a déclaré, également, que la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et la recrudescence des coups d’Etat sur le continent constituent des urgences qui se sont imposées à son agenda durant l’année de sa présidence de l’UA. Le président sénégalais a déclaré qu’il y a des urgences qui «s’imposent à notre agenda parce qu’elles engagent les conditions d’existence de nos peuples et le devenir de nos pays, la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et la recrudescence du phénomène des coups d’Etat sur le continent». Ces urgences, ajoute M, Sall, nous invitent à une prise de conscience «individuelle et collective» sur la nécessité de pacifier «au plus vite» le continent pour mieux «nous concentrer à la construction de nos pays», soulignant la nécessité d’instaurer la paix, la sécurité et la stabilité pour assurer le développement. M. Sall a mis l’accent également sur l’agenda 2063 qui, ajoute-t-il, «a fixé le cap» et qu’il appartient aux pays africains de faire leur part de chemin, indiquant que «nos efforts et nos intelligences» doivent être consacrées à ce qui nous rassemble et nous faire avancer sur la voie du progrès. Pour le chapitre lié à l’instabilité dans les pays du continent qui ont été le théâtre de coups d’Etat, le président en exercice de l’organisation panafricaine, lors de la conférence de presse tenue à l’issue du sommet, a déclaré que les militaires n’ont aucune raison «de prendre des armes pour destituer des chefs d’Etat, c’est tout à fait condamnable». Il a déclaré qu’il appartenait à l’UA de travailler «sur des textes encore plus rigoureux et encore plus dur» sur les changements anticonstitutionnels de pourvoir, ajoutant que les auteurs de ces actes et les pays qu’ils dirigent «puissent être immédiatement sanctionné à tous les plans, embargo sur les frontières, espace aérien, commercial, etc». Il a appelé à cette occasion les militaires au pouvoir dans ces pays à «discuter avec les organisations, notamment l’Union Africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour éviter à leurs peuples les souffrances qui découlent des sanctions qui leur sont appliquées. <